Depuis plus d'un an et demi, le ministre de l'Agriculture a lancé son vaste projet sur l'agroécologie intitulé « Produire autrement ». Une première conférence avait été organisée à Paris en décembre 2012, la seconde s'est déroulée le 2 avril au Palais d'Iéna. Ce fut l'occasion de découvrir des actions concrètes menées par les agriculteurs suite à l'appel à projets des groupements d'intérêt économique et environnemental (GIEE) lancé il y a plus de six mois par les pouvoirs publics. À ce jour, près de 460 projets impliquant plus de 1500 agriculteurs ont été retenus. L'enseignement agricole a également son rôle à jouer dans cette vision de l'agriculture qui « combine performance économique et écologique ».
A l'occasion de la deuxième conférence Produire autrement, le 2 avril à Paris, Stéphane Le Foll a insisté sur l'importance de l'enseignement agricole pour l'agroécologie. « L'enseignement agricole doit être un relais de ce processus, avoir un effet dynamique auprès des jeunes » de demain, a-t-il indiqué lors de son discours de clôture. Les agriculteurs en tant qu'acteurs de l'écologie, c'est ce point qui a été le plus illustré lors de la présentation des nombreuses initiatives « combinant performance économique et écologique » et retenues dans le cadre des groupements d'intérêts économique et environnemental. Comme par exemple, ces agriculteurs qui se sont regroupés sur le plateau des Millevaches dans le Limousin et qui ont décidé de porter un projet de méthanisation à la ferme. Pour utiliser au mieux la chaleur produite, ils ont créé un atelier en poulets de chair et installé un maraîcher bio en production sous serre. Treize agriculteurs sont impliqués, le projet a coûté plus de 125 000 euros et ils ont obtenu une subvention Casdar de presque 95 000 euros. En Loire-Atlantique, Christophe Grandière, président de la Cuma de la Brutz (Loire-Atlantique) a présenté son projet qui concilie les problématiques de l'élevage en développant une production végétale économiquement rentable. « L'écologique ne peut s'intégrer dans le projet qu'à condition d'y apporter un intérêt économique », indique-t-il. Onze agriculteurs font partie de ce groupement porté par l'Union des Cuma des Pays de la Loire. Un des objectifs communs est l'autonomie fourragère. « En valorisant un hectare de couverts végétaux en fourrages, on peut économiser 1,5 tonne de soja », assure Christophe Grandiere. Le projet, qui a coûté près de 80 000 euros (subvention Casdar d'environ 65 000 euros) mise sur l'utilisation de machines agricoles à plusieurs, ce qui permet d'économiser « près de 50% des frais de mécanisation ».
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La journée Produire Autrement était la première apparition de Stéphane Le Foll suite à sa reconduction au poste de ministre de l'Agriculture. « Pour une première prise de parole et pour un porte-parole c'est le plus beau des endroits et des publics », a t-il lancé. Interrogé sur l'articulation de l'agroécologie et du nouveau ministère de l'Écologie, mené désormais par Ségolène Royal, Stéphane Le Foll reste confiant : « Nous allons en discuter. Je ne pense pas qu'un projet qui va dans le sens de la combinaison économique et environnementale soit remis en cause. D'autant plus que cette dynamique est celle du ministère et des agriculteurs eux-mêmes, tout le monde doit pouvoir accompagner ce mouvement et ce processus
Les chambres d'agriculture rappellent, dans un communiqué du 1er avril, qu'elles « se sont pleinement engagées dans ce chantier (de l'agroécologie) auprès des agriculteurs » et que 45 % des groupes lauréats de l'appel à projets «Mobilisation collective pour l'agroécologie» (les GIEE) sont liés au réseau des chambres d'agriculture. Ainsi, elles agissent, « auprès de 1 800 groupes d'agriculteurs, rassemblant 82 000 adhérents, les chambres d'agriculture accompagnent l'émergence et la mise en œuvre de projets innovants sur les systèmes de cultures, les filières territorialisées, l'autonomie alimentaire, la gestion de la qualité de l'eau et des sols, l'agriculture biologique. »