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Forêt Stéphane Le Foll séduit les forestiers privés

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À quelques heures du remaniement ministériel, Stéphane Le Foll a clos l’assemblée générale des forestiers privés, le 21 juin à Paris. Son message était celui d’une position d’ouverture au dialogue. De quoi satisfaire les forestiers, même si les discussions ne font que commencer.

«Ce n’est pas aujourd’hui que je vais faire des annonces ni des réponses définitives, mais je voulais, par ma présence, affirmer l’importance que j’accorde aux questions liées à la forêt ». Tel a été le message de Stéphane Le Foll, le 21 juin, en conclusion de l’assemblée générale des forestiers privés. Le ministre a montré à l’assemblée qu’il connaissait les dossiers qui sont chers aux forestiers privés et donnait clairement l’impression que le dialogue sera ouvert. Le président des forestiers privés avait auparavant insisté sur quatre grands défis actuels de la filière : l’accroissement des contraintes environnementales, le réchauffement climatique, le problème des dégâts de gibier, l’insuffisance de l’assurance face aux aléas climatiques et le manque de moyens pour les peuplements pauvres.

Compétitivité et action publique
Sur la question des normes environnementales, Stéphane Le Foll a reconnu que l’Europe place la barre haut, mais a souligné que la planète paiera cher de n’avoir pas davantage protégé ses forêts. Sur le volet changement climatique, « il y aura des choix stratégiques à faire qui vont nécessiter un lien beaucoup plus fort entre la recherche et les acteurs de terrain, ce qui vaut aussi pour l’agriculture », a noté le ministre. Il reconnaissait, en outre, le rôle de puits de carbone que joue la forêt ainsi que le levier d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre que représente la mobilisation du bois énergie. La compétitivité de la filière a été évoquée : « Il va falloir retravailler pour organiser et développer ces dynamiques de filières entre producteurs et transformateurs, le lien entre les deux étant une condition de viabilité », a affirmé Stéphane Le Foll. Sur le chapitre de l’assurance, « l’aléa de la production agricole et forestière est difficilement maîtrisable et peut coûter très cher, a-t-il noté. Donc le système assurantiel mérite des adaptations spécifiques et une mutualisation du risque. » Comme pour la fiscalité, il a conclu : « Vous avez évoqué des pistes. Je pense qu’il y aura besoin de discuter de ces éléments. » Il évoquait aussi la possibilité « de faire en sorte que la filière soit bénéficiaire aussi la future banque publique d’investissement, c’est-à-dire ait la capacité de mobiliser de l’épargne pour investir dans un domaine productif, celui du bois ». Redonner de la dynamique aux filières, réfléchir aux débouchés, telles sont ses pistes pour réfléchir à la compétitivité de ces filières bois.
Quelques heures plus tard, on apprenait que le ministère de l’Agriculture enrichit officiellement son portefeuille de la mention « forêt ». Un autre message encourageant pour le secteur.

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