Abonné

Etiquetage alimentaire Strasbourg pour l’extension de l’indication obligatoire du pays d’origine

- - 3 min

Extension de la liste des produits dont le pays d’origine devra obligatoirement être indiqué, indication des valeurs nutritionnelles sans recourir toutefois au système des « feux de signalisation » : telle est, en première lecture, la position du Parlement européen sur le projet de règlement concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires. La balle est maintenant dans le camp du Conseil des ministres de l’UE dont les divergences avec les députés sont trop nombreuses pour attendre un accord dans un futur proche.

Alors que, actuellement, seuls certains types de produits doivent indiquer le pays d’origine (bœuf, huile d’olive, fruits et légumes frais, miel...), le Parlement européen s’est prononcé le 16 juin à Strasbourg, par 559 voix contre 54 et 32 abstentions, pour l’extension de cette mention obligatoire à tous les viandes, volailles, produits laitiers, ainsi qu’à tous les aliments composés d’un seul ingrédient. Les lieux de naissance, d’élevage et d’abattage des animaux, ainsi que les conditions d’abattage selon certaines pratiques religieuses, doivent également être indiqués, estiment les députés.

Pas de « feu de signalisation »
Le projet de règlement sur l’étiquetage alimentaire voté en première lecture par le Parlement européen rend également obligatoire l’affichage clair des quantités de graisses, de graisses saturées, de calories, de sucres lents, de sel et de sucres contenues dans les aliments. Les teneurs en protéines, en fibres et en graisses « trans » (huiles et graisses hydrogénées) devraient également indiquées. Enfin, afin de faciliter la comparaison entre les produits, les quantités devraient toujours être exprimées en pourcentage sur 100g ou 100ml et affichées en évidence et de manière lisible sur l’emballage. En revanche, une majorité de députés a rejeté la proposition des groupes socialiste (S&D), des Verts et de la Gauche unie (GUE) de faire figurer un « feu de signalisation » sur l’emballage indiquant le niveau de qualité diététique de l’aliment. Cette obligation (un feu rouge pour les produits à forte teneur en sucres, sels et graisses, vert pour les produits jugés sains) a été jugé excessive. Par ailleurs, afin de ne pas imposer des procédures trop lourdes aux PME et aux petits producteurs, les parlementaires ont décidé d’exempter du règlement les produits non préemballés et les produits artisanaux.

Les « bienfaits » soumis à la sagacité de l’Efsa
Les « bienfaits » pour la santé proclamés par certains produits (du type yaourt aux principes actifs, etc.) continueront à être soumis à l’étude et à la validation de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), selon le projet voté par le Parlement européen. Une étroite majorité de députés a en effet souhaité maintenir l’approbation des « profils nutritionnels » sous la compétence de la législation européenne.
Les boissons alcoolisées ne sont pas concernées par le règlement, sauf les « alcopops », mélanges sucrés spécialement destinés aux jeunes. Les parlementaires demandent que ces boissons soient mieux étiquetées et séparées des rayons des boissons gazeuses non alcoolisées.
En l’état actuel, le texte prévoit une période d’adaptation aux nouvelles règles de trois ans pour les industriels alimentaires et de cinq ans pour les PME avec moins de 100 employés et de 5 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.