Le Parlement européen dénonce les conséquences pour les agriculteurs et les consommateurs de la flambée actuelle des prix de denrées alimentaires de base comme le lait, les céréales et la viande. Il estime que, outre des mesures immédiates comme la hausse des quotas laitiers, l’UE doit agir en conséquence dans le cadre de son bilan de santé de la Pac et lutter contre les hausses excessives pratiquées par la grande distribution.
Pour les députés européens, les mesures proposées à l’heure actuelle par la Commission européenne face à la flambée des prix agricoles et alimentaires ne sont pas suffisantes pour stabiliser les marchés et rassurer les citoyens. Selon eux, la suspension de la jachère obligatoire jusqu’au printemps 2008 (décidée au mois de septembre) n’augmentera la production de céréales que d’environ 10 millions de tonnes et la hausse prévue des quotas laitiers de 0,5 % au 1er avril 2008 n’enrayera probablement pas la hausse des cours. Ils appellent donc la Commission à proposer d’urgence, « une augmentation temporaire des quotas laitiers afin de stabiliser les prix sur le marché intérieur ». Les eurodéputés invitent aussi la Commission et les États membres à analyser « les écarts existant entre les prix payés au producteur et les prix pratiqués par les principales chaînes de supermarchés ». A leurs yeux, la Commission devrait « analyser les effets de la concentration dans le secteur du commerce de détail – qui porte principalement préjudice aux petits producteurs, aux petites entreprises et aux consommateurs – et utiliser tous les instruments juridiques dont elle dispose si des abus de position dominante sur le marché sont repérés ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
La Commission est également invitée à analyser en profondeur les tendances des marchés mondiaux, y compris la demande alimentaire croissante des pays en développement de façon à considérer «la création de mécanismes permanents pour garantir un approvisionnement adéquat du marché à l’avenir». Les députés européens souhaitent par ailleurs éviter une concurrence déloyale entre productions alimentaires et énergétiques. Ils appellent Commission et Etats membres à promouvoir davantage les biocarburants à base de lisier et autres déchets agricoles dits de « seconde génération », plutôt que ceux issus de produits agricoles de base.