Alors que la proposition de la Commission européenne de prélever un milliard d’euros en faveur des pays pauvres sur les crédits non utilisés de la Pac soulève des réticences chez certains Etats membres , les parlementaires européens ont largement réaffirmé leur soutien à cette initiative. « Il faut aller vite et prendre des décisions même si un milliard d’euros ne va pas résoudre la crise alimentaire », a déclaré le socialiste espagnol et ancien président de l’Assemblée, Joseph Borrell.
C’est à l’initiative de la commission de l’agriculture du Parlement que les parlementaires ont débattu de ce projet d’aide alimentaire avec la FAO et des responsables africains. Mairead Mc Guinness (Part populaire européen, Irlande), qui prépare un rapport d’initiative sur la sécurité alimentaire globale, a estimé qu’il faudra être « très prudent » sur l’utilisation de cette facilité de 1 milliard d’euros (750 millions prévus pour 2008 et 250 millions pour 2009) devant servir pour l’essentiel à l’achat de semences et d’engrais. « Comment être sûrs que ces fonds aillent vraiment dans la poche des petits agriculteurs ? », a-t-elle demandé au directeur général de la FAO, Jacques Diouf. Selon lui, « il faut toucher le plus possible les petits agriculteurs ». Il a notamment fait part d’une expérience positive au Mali basée sur l’octroi de coupons pour obtenir des intrants agricoles. Malgré le soutien qu’il apporte à cette proposition, M. Diouf a estimé qu’il est déjà trop tard pour la campagne de plantation dans l’hémisphère sud. « Nous aurons une deuxième occasion en septembre-octobre dans l’hémisphère nord mais il faut aller vite », a-t-il déclaré.
Pour sa part, le député irlandais Gay Mitchell (Parti populaire européen) a estimé qu’une partie de cet argent devra servir à acheter de la nourriture aux populations, car les stocks de grains ont fondu à un niveau jamais atteint auparavant. Il a souligné que la transparence la plus totale est nécessaire et une évaluation indépendante devra être effectuée sur la manière dont ces crédits sont dépensés. « Si le Parlement ne souhaite pas être impliqué dans la micro-gestion de cet argent, nous exigeons des rapports réguliers pour garantir la responsabilité de son utilisation devant le Parlement », a-t-il précisé.
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« Cette facilité est une bonne idée, au bon moment », a estimé pour sa part Josette Sheeran, directeur exécutif du Programme alimentaire mondial des Nations-Unies, pour qui la durée probable de la crise alimentaire actuelle est de trois ou quatre ans.