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Elevage Strasbourg veut protéger l’élevage de la volatilité des prix et de la spéculation

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Dans une résolution adoptée le 11 novembre, le Parlement européen énumère une série de recommandations afin d’atténuer la crise qui affecte le secteur de l’élevage dans l’UE, en raison notamment de la hausse des coûts des matières premières. La Commission européenne, de son côté, répète qu’aucune mesure d’urgence ne se justifie parce qu’il n’y a pas de problèmes d’approvisionnement du marché européen et que la viande porcine et de volaille s’écoule de façon satisfaisante tant dans l’UE qu’à l’exportation.

Le Parlement européen demande que, dans le cadre de la nouvelle Pac, un financement adéquat puisse être garanti au secteur de l’élevage et que les éleveurs puissent obtenir un juste retour, notamment par le biais des organisations de producteurs, pour leur permettre de négocier de meilleurs prix avec le reste de la filière. Pour les députés le secteur de l’élevage européen est en péril compte tenu des coûts de production plus élevés (carburant, engrais, et aliments pour animaux), de la plus grande concurrence des pays tiers, des prix bas payés aux producteurs ainsi que des coûts liés au respect de l’environnement, de la santé animale et de la sécurité des aliments. Dans leur résolution, les députés soulignent une nouvelle fois la nécessité de sauvegarder les intérêts de l’Union lors de la négociation d’accords commerciaux internationaux comme celui en cours avec les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay). En ce qui concerne les OGM, les parlementaires demandent à la Commission d’assurer une sécurité juridique pour les importations de soja et de maïs en provenance des pays tiers en introduisant un « seuil pragmatique » de présence des OGM non encore autorisés dans l’UE.

La Commission ne prévoit pas de mesures d’urgence

La résolution parlementaire appelle la Commission à instaurer sans tarder des mécanismes de marché « souples et efficaces » afin d’atténuer l’impact de la hausse des prix, en particulier l’instauration d’un « filet de sécurité » appliqué dans le secteur céréalier, et à utiliser des outils existants pour faire face à la crise porcine. De nombreux parlementaires ont salué la décision de la Commission de remettre 2,8 millions de tonnes de céréales d’intervention sur le marché. « La tension a diminué sur le marché », s’est félicité le commissaire à l’agriculture, Dacian Ciolos. Selon lui, le problème ne venait pas d’une pénurie mais de la spéculation qui a cours sur le marché des matières premières. La remontée de l’euro face au dollar, qui rend les exportations européennes moins compétitives, constitue un facteur baissier sur le marché de l’Union, a précisé le commissaire devant les députés. Aucune mesure d’urgence ne se justifie dans le secteur des céréales, car il n’y a pas de problème d’approvisionnement du marché européen, a-t-il ajouté. Sur la base d’une récolte dans l’UE-27 de 276 millions de tonnes, l’UE disposerait, avec les stocks de début de campagne, d’un excédent de près de 60 millions de tonnes par rapport aux prévisions d’utilisation. M. Ciolos a également indiqué que les développements des marchés dans le secteur de l’élevage, tout particulièrement ceux du porc et de la volaille, étaient suivis de près à Bruxelles. « La production, a-t-il fait valoir, est bien absorbée par le marchés interne et à l’exportation » et « le stockage privé n’aurait pas d’effet sur les prix ». Entre juin et août 2010, les exportations de viande de porc ont augmenté de 10 % et celles de volaille de 21 % par rapport à la même période de l’année dernière. Le recours à des restitutions n’apparaît pas nécessaire pour assurer la bonne marché des exportations car les prix de l’UE et les prix mondiaux sont au même niveau, a encore indiqué M. Ciolos.

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