Est-ce en raison d’un ministre à la durée record, peut-être trop record ? Est-ce en raison d’une crise si profonde, si existentielle pour les agriculteurs ? En tout cas le dialogue ne passe plus du tout entre le syndicalisme majoritaire FNSEA et Stéphane Le Foll. Le ministre de l’Agriculture ne parvient pas à rassurer des agriculteurs déboussolés qui demandent, certes, des mesures d’urgence pour panser leurs plaies, des « rustines » selon le mot de Xavier Beulin, mais qui demandent aussi un vrai projet pour leur métier.

La FNSEA ne manque pas de mots pour critiquer un ministre qui ne trace pas d’autres perspectives stratégiques que l’agroécologie. Mais, là où Stéphane Le Foll associe l’économie, le social et l’écologie, les agriculteurs, trahis par l’économie en raison de la crise des marchés, ne perçoivent que contraintes écologiques nouvelles. Quant au social, ils aimeraient recruter, mais ils voient, dans chaque recrutement, des coûts sociaux et réglementaires qui compromettent leur compétitivité face aux concurrents allemands ou espagnols.

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Cependant, est-il logique de demander à un ministre de tracer des perspectives stratégiques pour l’agriculture ? Un ministre ne reste en poste que quelques années. Après, il passe à autre chose. Est-il le mieux placé pour définir un projet pour toute une vie d’agriculteurs? Sans doute pas. C’est aux agriculteurs eux-mêmes de tracer des perspectives, de dire ce qu’ils veulent pour leur profession, leur avenir. Quitte à consulter les citoyens pour valider ou modifier un cap. À eux de demander ensuite à un ministre d’aider à le mettre en place.