Dialogue difficile sur le front de l’élevage et de la volaille en particulier : aidez-nous, disent les Français à Bruxelles, évoquant les aides jugées indispensables pour pouvoir exporter des poulets bretons au Moyen Orient. Organisez-vous, répond Bruxelles par la voix de Dacian Ciolos. Et celui-ci d’indiquer que dans le cadre de la future Pac, des financements existent pour soutenir la modernisation de filières aux prises avec des problèmes de compétitivité. Il faut en sortir.
La question de fond est, qu’il s’agisse de poulets, de porcs, de bovins ou de lait : les Français peuvent-ils s’organiser pour pouvoir faire du commerce international sans soutien public ? C’est ce qu’ils font déjà dans beaucoup de domaines, du végétal à l’animal. Il est vrai que sur certains secteurs, nos concurrents, brésiliens, thaïlandais, voire américains, pratiquent des systèmes d’aides plutôt discrètes et détournées comme des crédits très bonifiés, des dévaluations à peine justifiées ou des assurances hypersubventionnées. Mais peut-on augmenter nos subventions au fur et à mesure des dévaluations compétitives des Brésiliens ? Evidemment pas.
La question est plutôt stratégique. A-t-on raison de vouloir rester présents sur des marchés de base tels que le petit poulet export congelé vers des pays qui veulent l’acheter le moins cher possible ? La France n’a-t-elle pas plutôt vocation à exporter des poulets de haute qualité, labellisés, voire avec une indication géographique? Les élevages qui produisent les poulets exports ne devraient-ils pas plutôt produire de ces poulets qualité France ? Cela demande une révision stratégique majeure, conduite par la filière et surtout par les deux exportateurs principaux, Doux et Tilly-Sabco.
On a déjà vu réussir des révisions plus fondamentales. La Bretagne paie aujourd’hui l’incapacité de certaines entreprises à modifier leur stratégie.
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