Chacun sa stratégie : les organisations écologistes se sont empressées de diffuser leurs propositions concernant l’agriculture au Grenelle de l’environnement ; les syndicats agricoles minoritaires n’ont pas tardé non plus tout en diffusant des textes aussi généraux que ceux des écologistes étaient précis ; l’APCA, de son côté a fait état de six fiches étayées et détaillées ; la FNSEA, enfin, attend la conclusion d’une phase de concertation pour faire des propositions.
Chaque position s’explique : il n’est pas difficile à des écologistes de faire des demandes dont l’application engage d’autres acteurs qu’eux-mêmes ; les syndicats minoritaires, eux, se méfient d’un Grenelle que d’aucuns considèrent comme un piège et préfèrent rester dans un certain flou ; l’APCA, sentant à juste titre qu’il s’agissait d’une occasion inespérée de montrer que les agriculteurs sont à l’écoute de la société, a mis en ordre de bataille son expertise de l’agriculture et de l’environnement qui ne sont pas minces. Quant à la FNSEA, forte de ses bonnes relations avec l’équipe Sarkozy et de son poids politique, elle a jugé que le prix d’un consensus interne valait bien le risque de paraître à la traîne. Les organisateurs du Grenelle attendaient des propositions avant fin juillet. Ce sera le 2 août, pas avant, pour la FNSEA, même si ce délai ressemble plus à une difficulté d’accoucher des propositions sur l’environnement qu’à une stratégie bien affirmée.
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L’enjeu n’est pas mince : le Grenelle débouchera-t-il sur l’acceptation d’un processus de certification généralisé des exploitations ? Sera-ce le prix à payer, pour faire accepter l’arrivée des OGM en France ? Touchera-t-on aux modalités d’application de la Pac ? L’irrigation et le recours actuel à l’agrochimie seront-ils remis en cause ? Tout cela est suffisamment grave pour ne pas se tromper de stratégie.