Le nombre d’exploitations agricoles dans l’UE a diminué de 32 % entre 2003 et 2016, passant d’environ 15 millions à 10 millions, constatent des chercheurs autrichiens et slovènes dans une étude commandée par la commission de l’Agriculture du Parlement européen. La baisse est la plus forte parmi les petites exploitations de moins de 5 ha (-38 %), modérée chez les exploitations de taille moyenne (-17 % pour celles de 5 ha à 19 ha et -12 % pour celles de 20 ha à 49 ha), tandis que le nombre de grandes exploitations (de plus de 50 ha) a augmenté de 7 %. Et à l’horizon 2040, l’UE pourrait encore perdre 6,4 millions d’exploitations supplémentaires, soit une baisse de 62 %, estiment les auteurs de ce travail. Parmi les explications à cette situation : le contexte socio-économique général (dont fait partie le changement climatique), des facteurs sectoriels (numérisation, investissements…) et des facteurs politiques (dont la Pac).
« L’évolution de la structure des exploitations en Europe est toujours allée dans une même direction avec une bipolarité qui ne cesse de se renforcer entre de grandes exploitations spécialisées d’un côté et des fermes plus petites et aux productions très diversifiées », selon les auteurs de l’étude. Et la Pac a, jusqu’à présent, plutôt eu tendance à amplifier l’effet de concentration des exploitations agricoles dans l’UE. Ils estiment que 50 % des aides vont aux exploitations spécialisées sous forme de société et 25 % aux exploitations familiales. Mais l’impact global des aides sur la structure des exploitations n’est évalué qu’à 7 %. Les prix agricoles (14 %) ou les conditions naturelles locales (16 %) ayant une influence bien plus importante.
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Pour l’avenir, ce travail recommande que la Pac se concentre sur les exploitations qui participent à la fois à la durabilité et à la résilience du secteur avec des soutiens plus ciblées mais aussi des aides pour améliorer l’accès au marché des petites exploitations. Il conclut enfin que la Pac devrait être plus ouverte à de nouvelles formes d’agriculture.