La Commission est confiante pour le secteur européen du sucre une fois que les quotas de production seront abandonnés dans un an (fin septembre 2017) et ne prévoit de perturbations majeures comme cela a été le cas pour le secteur laitier l’an dernier. Bruxelles est en train d’améliorer la transparence du marché et a organisé le 11 octobre une réunion entre experts nationaux et parties prenantes pour qu’elles échangent sur les mesures à mettre en place dans cette perspective.
La Commission européenne l’assure, le système de quotas de sucre (dernier dispositif de ce type dans l’UE) sera bien aboli fin septembre 2017. Mais Phil Hogan espère un « atterrissage plus doux pour ce secteur que celui qu’a connu le lait ». « Le stockage privé, les accords collectifs entre agriculteurs et producteurs ainsi que le régime de protection contre les importations resteront en place. La Commission a également, comme dans d’autres secteurs, la possibilité d’agir en cas de perturbation grave du marché du sucre », a rappelé le 10 octobre le commissaire européen aux ministres de l’agriculture des Vingt-huit réunis à Luxembourg. Mais il a admis que ce secteur serait plus volatil une fois les quotas de production abandonnés. Il faut donc imaginer des outils pour rassurer les opérateurs, a-t-il indiqué. Une réunion entre les groupes d’experts nationaux sur le marché du sucre (lancé en 2015 à la demande de l’Italie) et de dialogue civil cultures arables s’est tenu le 11 octobre pour commencer à échanger sur les mesures à mettre en place dans cette perspective. La Commission a également lancé en début d’année 2016 un tableau de bord mensuel sur le marché du sucre afin d’assurer un maximum de transparence pour les opérateurs.
Des gagnants et des perdants
Les experts de la Commissions européenne se montrent plutôt optimistes pour le secteur européen une fois les quotas abandonnés mais admettent que cette nouvelle situation va renforcer la concentration des industriels. Les petits producteurs en Italie et en Grèce notamment risquent de subir la concurrence accrue des producteurs d’isoglucose (à partir de céréales notamment) qui vont pouvoir s’installer en Europe – en Roumanie notamment où la ressource est bon marché – avec la fin des quotas de production. Bruxelles estime que la consommation européenne d’isoglucose qui sera principalement approvisionnée par la production communautaire (étant donné que les quotas d’importation d’isoglucose en provenance des États-Unis en particulier seront eux maintenus) pourrait s’établir à 2,3 Mt contre 0,7 Mt aujourd’hui (pour une consommation totale de sucre dans l'UE d'environ 16 Mt par an).
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Au contraire, pour les producteurs traditionnels de sucre à base de betterave, la fin des quotas sera une opportunité pour se développer. La production en France, en Allemagne et aux Pays-Bas pourrait ainsi bondir rapidement de 20 % d’autant plus que le prix du sucre sur le marché européen est actuellement plus bas que sur le marché mondial (400 €/t environ dans l’UE contre 500 €/t sur le marché international). Des marchés, notamment en Afrique du nord et au Moyen-Orient sont à prendre.
La situation du marché sucrier est très différente de celui du lait (qui a connu une grave crise dès la première année de suppression des quotas) assure la Commission : « Les stocks sont connus au kg près, et les producteurs ajustent les surfaces sous contrat d’une année sur l’autre de manière beaucoup plus flexible que dans le lait », soulignent les experts.
Pour cette dernière année sous quotas, Bruxelles prévoit dans ses Perspectives à court terme publiées le 6 octobre qu’en 2016/2017 la production atteindra 16,9 millions de tonnes, soit une augmentation de 14 % (+0,5 Mt) par rapport à 2015-2016, juste sous la moyenne quinquennale.