Le groupe européen à haut niveau sur le marché du sucre a toutes les chances de persister « sur la voie de l’inaction » dans les conclusions de ses travaux attendues en juillet, déplorent les betteraviers européens. Ils soulignent que ce secteur, déjà en situation de crise, est en plus confronté à la perspective du Brexit et à celle de concessions supplémentaires qui risquent d’être octroyées par l’UE pour boucler les négociations de libre-échange avec le Mercosur.
Le rapport du groupe européen à haut niveau sur le marché du sucre après la suppression des quotas, qui a été discuté par ses membres le 12 juin et dont les conclusions doivent être publiées le mois prochain, présente un tableau « complet » de la situation « de crise » dans laquelle se trouve le secteur, mais « risque de persister sur la voie de l’inaction », s’inquiète la Confédération internationale des betteraviers européens (Cibe). Au cours des travaux de ces experts, qui ont débuté fin janvier dernier à l’instigation du commissaire européen à l’agriculture Phil Hogan (1), « les États membres ont de nouveau exprimé des points de vue divergents, n’ont envisagé aucune mesure à court terme et n’ont prévu que quelques recommandations générales », déplore l’organisation professionnelle dans une prise de position datée du 14 juin.
« La mauvaise récolte 2018/19, la diminution des stocks de sucre de l’UE attendus pour cette campagne et pour 2019-2020 et l’augmentation des importations n’empêchent pas les prix d’atteindre les niveaux les plus bas jamais enregistrés », constate le président de la Cibe, Éric Lainé. Aujourd’hui, s’alarme-t-il, « les entreprises sucrières planifient la fermeture d’usines dans des régions concurrentielles, décident à la hâte et font pression sur les betteraviers, alors que nous devrions miser sur nos atouts pour maintenir ce secteur d’excellence ».
« Une possible concession supplémentaire au Brésil »
En outre, poursuit la Cibe, « les récentes décisions concernant la panoplie d’outils pour la protection des végétaux et le coût des solutions de remplacement accentuent les inégalités de traitement avec les concurrents des pays tiers tiers, mettant en péril la durabilité et les investissements de la dernière décennie, ainsi que la capacité du secteur à attirer davantage d’investissements ».
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« Dernier point, mais pas le moindre », ajoute enfin la Cibe : le Brexit et une possible concession de marché supplémentaire accordée au Brésil dans le cadre des négociations commerciales entre l’UE et le Mercosur, qui pourraient avoir « des impacts sévères sur le marché et sur le secteur ».
Pour parvenir à un accord, qui semble proche, avec le bloc sud-américain (2), la Commission européenne envisagerait de lui offrir un contingent tarifaire d’importation de sucre bien supérieur aux 200 000 tonnes déjà citées, éventuellement plus de 300 000 t, en tenant compte des dispositions prévues pour l’adhésion de la Croatie à l’Union.
(1) Voir n° 3678 du 04/02/19
(2) Voir n° 3697 du 17/06/19 et même numéro