La filière sucre, entrée dans la loi Egalim 2, doit profiter de la hausse des cours, a soutenu le 1er décembre la CGB (betteraviers, FNSEA).
« Enfin, les marchés se sont retournés » sur le plan européen et mondial, a salué le président Franck Sander, lors d’une conférence de presse. Reste à la « filière d’aller chercher la hausse » des prix. Après plusieurs années de déficit en sucre, les cours mondiaux sont à des sommets inédits depuis quatre ans et demi, à environ 450 €/t. Cette embellie laisse entrevoir un rebond du marché européen. « Depuis trois ans, la filière sucre européenne est importatrice, mais les prix dans l’UE n’ont pas réussi à remonter au-delà du niveau de crise » proche de 400 €/t, a noté le directeur général Pierre Rayé. La CGB compte sur « la dynamique Egalim 2 » pour surfer sur l’amélioration de la conjoncture. Selon la loi, des indicateurs de prix doivent être publiés par l’interprofession. Il s’agit d’« une opportunité pour avoir une contractualisation plus dynamique », réactive par rapport aux fondamentaux du marché, selon lui. L’objectif est d’obtenir « une meilleure répartition de la valeur » au sein de la filière.
Augmentation du prix de la betterave
« Il y a besoin de redonner de la visibilité aux betteraviers », a insisté Pierre Rayé, pointant une chute de leur rémunération ces dernières années au-dessous des coûts de production. En particulier, 2020 a été catastrophique, avec un rendement historiquement bas de 65 t/ha en raison de la jaunisse. Cette année voit le retour à une production betteravière « normale », de 35 Mt, le rendement de 87 t/ha étant proche de la moyenne quinquennale. Une sortie de crise se dessine. Car, en parallèle, le redressement des marchés se traduit par une hausse de la rémunération des planteurs. Par exemple, Cristal Union a indiqué le 30 novembre sur son compte Twitter un prix de la betterave « proche de 29 €/t » en 2021 (contre 25,5 €/t en 2020). La CGB attend aussi de la part des opérateurs qu’ils innovent en matière contractuelle. Et ce à deux stades : entre les planteurs et les fabricants de sucre, via l’indexation du prix des betteraves sur les marchés à terme ; entre fabricants de sucre et transformateurs, pour permettre aux prix européens de mieux refléter les fondamentaux du marché de l’UE, ce qu’Egalim 2 peut faciliter.
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Pour sortir totalement de l’ornière, l’heure est à la mobilisation afin d’identifier de nouveaux moyens de lutte contre la jaunisse. Un Plan national de recherche et innovation (PNRI), doté de 7 M€, est en place depuis janvier. Objectif : trouver à l’horizon 2023 des alternatives aux néonicotinoïdes. Le renouvellement de la dérogation, pour les utiliser en 2022, a été demandé en novembre. Celle-ci était liée en 2021 à des contraintes dans les successions culturales, sur lesquelles doit encore se prononcer l’Anses, dont trois avis sont attendus « d’ici Noël », d’après la CGB.