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Sucrerie d’Escaudœuvres : Lescure « s’interroge » sur la fermeture

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Après l’annonce de la fermeture de la sucrerie Tereos d’Escaudœuvres, le ministre de l’Industrie « s’interroge toujours sur les raisons stratégiques qui poussent le sucrier à fermer son usine ». La CGB pointe du doigt la fin des néonicotinoïdes.

Dans une interview accordée à Sud Radio le 13 mars, le ministre de l’Industrie Roland Lescure a estimé qu’il n’était « pas normal » que le sucrier Tereos (Béghin Say) ferme son usine d’Escaudœuvres (Nord), alors qu’il « gagne de l’argent ». L’intervention du ministre s’est tenue avant sa visite du site nordiste, afin de s’entretenir avec les représentants de Tereos et les organisations syndicales de la sucrerie. « J’ai passé une heure avec la direction […] et je n’ai toujours pas compris les raisons stratégiques qui poussent à fermer une usine aujourd’hui, alors que le groupe qui souffrait il y a quelques années gagne désormais de l’argent », a confié Roland Lescure à France Bleu Nord. Le ministre délégué a par ailleurs annoncé « un accompagnement de 3 M€ pour le territoire, dans le cadre du programme Rebond industriel », rapporte la préfecture du Nord.

Baisse des volumes de betteraves engagés

La veille, environ 400 élus, salariés et riverains se sont rassemblés devant la sucrerie pour « s’opposer à l’arrêt annoncé de la production » et « soutenir les salariés » qui bloquent depuis le mercredi les entrées, a-t-on appris auprès du maire et de la préfecture. Pour rappel, la direction du groupe a annoncé le 8 mars « un projet de réorganisation de son activité industrielle en France », impliquant notamment la suppression de 123 postes à l’usine d’Escaudœuvres. Tereos explique cet arrêt par « une baisse de volumes de betteraves engagés » à Escaudœuvres. Tereos explique avoir également « fait face à la forte hausse des coûts de l’énergie » en 2022, « une situation qui devrait se poursuivre durablement ».

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« Comment ne pas voir dans ces fermetures la conséquence directe de la pression réglementaire croissante sur les moyens de production de la culture betteravière ? », s’interroge la CGB (betteraviers, FNSEA) dans un communiqué le 9 mars. Une interrogation partagée par la FDSEA du Nord, qui dit « merci à l’Europe pour sa décision concernant les NNI » (néonicotinoïdes, NDLR). À la suite d’un avis de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) rendu le 19 janvier, la France avait dû renoncer à une nouvelle dérogation accordée aux semences enrobées de néonicotinoïdes.

Face aux déclarations des betteraviers, Roland Lescure estime que « l’on crie au feu alors qu’on n’a pas vu une étincelle », rapporte Sud Radio. « Tereos a doublé ses bénéfices l’année dernière, le sucre a un prix au plus haut et pour l’instant la production de betteraves n’a pas baissé, le fameux puceron n’a pas frappé". Et d’ajouter auprès de France Bleu Nord, que « les grands producteurs industriels ont la responsabilité d’aider la filière à mieux s’organiser, de donner envie aux producteurs de betteraves d’en produire ».

Le territoire sera aidé à hauteur de 3 M€, selon Lescure