Abonné

Suicide : 63 propositions pour soutenir les agriculteurs

- - 3 min

La Coméco du Sénat a présenté un rapport de 63 propositions visant à prévenir les suicides d’agriculteurs et à mieux accompagner les proches endeuillés. Ce document doit alimenter la réflexion du ministère de l’Agriculture qui planche sur un plan d’action sur le sujet.

La commission des affaires économiques (Coméco) du Sénat a adopté, le 17 mars, un rapport de 63 propositions pour lutter contre les suicides d’agriculteurs. « Il s’agit vraiment de redonner une impulsion et des objectifs aux partenaires de l’État, la MSA ou les chambres d’agriculture, pour mettre en place les dispositifs de détection, de soutien, et d’accompagnement dans les territoires », a déclaré la présidente de la Coméco Sophie Primas en conférence de presse.

Élaboré par le groupe de travail sur les agriculteurs en situation de détresse, piloté par les sénateurs Françoise Férat (Union centriste, Marne) et Henri Cabanel (RDSE, Hérault), ce rapport est le fruit « de plus d’une année de travail ». Il est basé sur des visites de terrain « dans cinq départements », sur près de 150 témoignages de proches de victimes et sur des avis demandés à « l’intégralité des préfectures et des chambres d’agriculture métropolitaines et d’outre-mer », indique le document en préambule.

Cinq blocs de propositions

Le rapport contient cinq blocs de propositions. D’une part, il préconise de renforcer la connaissance du suicide en agriculture par un suivi statistique au long cours. Et, pour améliorer la connaissance et la reconnaissance des citoyens envers les agriculteurs, il propose de déclarer l’agriculture française « cause nationale » afin de lancer des campagnes de communication de grande ampleur. D’autre part, les sénateurs veulent « renforcer le mieux-être » des exploitants très en amont. Pour cela, ils proposent d’améliorer le revenu, les conditions de travail et le recours au répit via l’aide au remplacement.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Le troisième lot de propositions vise à mieux identifier les agriculteurs en détresse. Les rapporteurs recommandent notamment d’améliorer le service Agri’écoute de la MSA, de faire des cellules départementales d’accompagnement créés par l’État en 2017 « la clef de voûte » des dispositifs de soutien, et de multiplier et former les sentinelles. Quatrième axe : mieux accompagner les agriculteurs en détresse. « Le plus urgent est d’humaniser les procédures – sous toutes leurs formes –, et la simplification administrative », a indiqué Françoise Férat. Un large éventail de propositions vise aussi à améliorer les aides économiques aux agriculteurs en difficultés. Enfin, le cinquième volet du rapport propose d’améliorer l’accompagnement psychologique, économique et administratif des familles endeuillées.

Le document sera remis au ministre de l’Agriculture Julien Denormandie le 24 mars et devrait alimenter un vaste plan d’action national attendu « pour le mois d’avril », selon les rapporteurs.

« Le plus urgent est d’humaniser les procédures »