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Sûreté alimentaire : l’UE manque de moyens, pour le directeur général de l’Efsa

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Comme en témoigne le retard pris dans la procédure de réexamen du glyphosate, la faute au volume exceptionnel de données à traiter, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) et plus largement les capacités d’évaluation des risques dans l’UE manquent de moyens, a estimé le directeur général de l’Efsa, Bernhard Url, lors d’un échange le 17 mai avec les eurodéputés de la commission de l’Agriculture. L’Efsa a annoncé, le 10 mai, un report de la publication de son rapport final sur le glyphosate ce qui devrait obliger la Commission européenne à repousser d’un an (fin 2023) la prise de décision sur sa réautorisation (ou non). Pour Bernhard Url, il n’y a là aucune espèce de complot mais seulement la marque d’un manque de ressources en matière de sûreté alimentaire dans l’UE.

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Une « agence unique virtuelle »

Et pas seulement un manque de ressources financières (le budget de l’Efsa a d’ailleurs été renforcé dans le cadre de la réglementation sur la transparence adoptée en 2021 suite justement à l’initiative citoyenne « Stop glyphosate »). Ce sont surtout des ressources humaines qui font défaut, estime Bernhard Url : « Et je ne dis pas que l’Efsa devrait grandir mais que les moyens dédiés à ces questions devraient progresser aussi dans les États membres qui ne disposent pas de ressources humaines suffisantes ». Face à la complexité croissante des dossiers à traiter et aux attentes toujours plus pressantes de la société que ce soit en ce qui concerne l’évaluation des risques ou l’accélération de l’autorisation de nouvelles solutions alternatives, il propose la création d’une « agence unique virtuelle » regroupant les agences européennes de l’Environnement, des médicaments (EMA), des produits chimiques (ECHA), des maladies (ECDC) et l’Efsa qui permettrait, « sans les remplacer », une meilleure coopération avec les agences nationales. Mais « cela exige un fort soutien politique », prévient-il.

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