Le groupe industriel SVA-Jean Rozé, filiale d'Intermarché a rendu public, jeudi 10 juillet dans un communiqué, son intérêt pour l'abattoir de porcs de Gad SAS à Josselin (Morbihan), qui emploie 730 personnes. L'opération pourrait être bouclée fin juillet.
LA Société Vitréenne d'Abattage (SAV) « a pris la décision d'étudier et d'élaborer un plan de reprise de l'unité d'abattage et de transformation de porcs GAD à Josselin », indique le communiqué. Il ne mentionne aucunement les autres unités de Gad SAS qui évoluent dans l'élaboration de viande et le négoce international. C'est bien le maillon de l'abattage et uniquement celui-ci qui intéresse la SVA-Jean Rozé. La filiale du groupement des Mousquetaires exploite déjà un abattoir au sud-est de la Bretagne, sur la commune de Guerche de Bretagne (Ille-et-Vilaine). Gâtine-Viandes traite « 23 000 porcs par semaine mais se trouve totalement saturé », nous explique Dominique Langlois, président de la SAS SVA-Jean Rozé. Il y a un an et demi, la direction de l'entreprise évoquait une réflexion devant aboutir « en 20142015 » sur la pertinence d'investir dans l'accroissement des capacités d'abattage du site de la Guerche. C'est donc la voie de la croissance externe qu'a choisi Intermarché.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Avec l'abattoir de Gad Josselin, la SVA se trouverait dotée de l'équivalent en viande et salaisons de 32 000 porcs/semaine supplémentaires. Ecouler un tel volume n'est pas un problème pour la SVA qui dispose d'un marché naturel, les points de vente de la galaxie Intermarché. « Nous réalisons aussi 30 % de nos ventes hors du Groupement des Mousquetaires et exportons environ 15 % de notre chiffre d'affaires », précise Dominique Langlois. Le président de la SVA Jean Rozé souligne l'importance, à ses yeux, du maintien en Bretagne d'une solide filière de production et d'abattage-transformation. Si l'opération venait à se conclure, le groupe coopératif Cecab, actionnaire majoritaire de Gad SAS, sortirait du métier d'industriel du porc, quelques années seulement après y être entré. Cecab solderait ainsi les pertes issues de Gad SAS qui se sont révélées très importantes ces dernières années. En effet, Gad SAS sort tout juste d'une procédure de redressement judiciaire (octobre dernier) à l'issue de laquelle elle a dû restructurer en profondeur son activité en fermant son second abattoir, celui de Lampaul-Guimiliau (Finistère), qui employait 890 personnes. Conséquence, un résultat négatif qui a fait plonger les comptes du groupe Cecab dans le rouge cette année. Si elle venait à se réaliser, cette opération pourrait rapidement aboutir car « Cecab cherche une solution rapide, a priori avant la fin du mois de juillet », précise Dominique Langlois. Elle consacrerait aussi la montée en puissance des entreprises de la viande adossées à des groupes de la distribution. Il y en a deux en Bretagne : SVA au travers d'Intermarché et Kermené qui appartient à Leclerc.