Abonné

Sylektis table sur le laser pour son robot ramasseur d’asperges

- - 4 min
Le machine Sylektis est autonome sur toute la longueur du rang. Crédits : © Sylektis

En phase finale de développement, le robot Sylektis capable d’identifier et de sélectionner les asperges avec précision et sans dégâts est en recherche de fonds. Les difficultés pour trouver de la main d’œuvre pour ce travail pénible soutiennent la demande d’automatisation.

Et si une solution efficace était enfin à la disposition des cultivateurs d’asperges lors de la récolte ? C’est le défi que veulent relever Wilfried Garrigue et ses associés en mettant au point un équipement autonome qui réponde aux attentes des cultivateurs spécialistes de l’asperge. « Les agriculteurs qui cultivent l’asperge sont confrontés à de grandes difficultés pour recruter des ramasseurs d’asperges, le travail étant particulièrement pénible », constate Wilfried Garrigue. « Or il n’y pas vraiment d’offre pour ce type de matériel, surtout qu’il faut aussi collecter l’asperge avec beaucoup de précision, sans abîmer la motte de terre dans laquelle les asperges suivantes vont grandir », poursuit-il. Il fallait aussi une solution abordable financièrement, un engin pas trop complexe techniquement et léger pour ne pas compacter les sols.

L’enjeu est important : selon les chiffres collectés par Sylektis, les ventes d’asperges atteignent chaque année 1 milliard d’euros en Europe, dont 10% en France. Les 3000 cultivateurs français produisent environ 20 000 tonnes par an. Les premiers producteurs sont l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne.

Le profilomètre laser doit être testé

Pour arriver à ses fins, le projet est passé par plusieurs stades, avec la principale difficulté à surmonter qui était le système de repérage de l’asperge et sa collecte. Le prototype a d’abord testé le palpeur pour une détection tactile, mais qui abîmait l’asperge ; puis ensuite la caméra 3D qui ne s’est pas révélée assez précise, suivi du laser qui s’est montré trop aléatoire en confondant asperges et cailloux. « Notre choix s’est désormais porté sur le profilomètre laser qui repère la pointe de l’asperge au sommet de la butte de terre, mais nous devons encore valider cette option », précise le cofondateur. Au final, le robot Sylektis se présente comme un équipement fonctionnant de façon autonome sur l’ensemble du rang, mais qui ne tourne pas tout seul en bout de rang. Il est piloté par un opérateur à distance et est tracté grâce à un moteur électrique dont les batteries d’alimentation se rechargent en partie grâce à des panneaux solaires. Une fois dans le champ, la machine peut récolter 700 asperges à l’heure.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Pour le développement du robot, Sylektis collabore avec deux sociétés : son partenaire industriel qui fabriquera le robot, Dintech à Nantes, et le bureau d’études M2D pour le bloc de récolte.

Le projet est financé par trois associés, dont deux sont opérationnels : Wilfried Garrigue et Stéphane Abraham. Déjà 550 K€ ont été mobilisés en fonds propres, prêts et subventions. Le projet a notamment été lauréat du réseau Entreprendre (prêt d’honneur de 50 K€), bénéficiaire d’une subvention de la Région Ile-de-France (30 K€) et surtout d’un financement dans le cadre de France Relance 2030 de 360 K€ dont 220 K€ de subvention. « Nous organisons notre levée de fonds en 2023 pour mobiliser 350 K€, représentant 15% des actions de la société », explique Wilfried Garrigue, qui échange actuellement avec des business angels du secteur agricole. La société compte en outre sur le déblocage d’une montant de 250 K€ d’obligations convertibles (label Agrio de l’Inrae) sous réserve de boucler la levée de fonds.