Depuis leur création il y a une dizaine d’années, les organisations de producteurs (OP) ont pris une place importante dans le paysage laitier. Si elles souhaitent être asyndicales, beaucoup sont accompagnées de près par le syndicalisme majoritaire, qui veut ainsi asseoir leur pouvoir de négociation dans la filière. De son côté, la Coordination rurale a entretenu une relation plus discrète avec les OP France Milkboard, dont elle avait poussé la création.
« Il n’y a pas d’incompatibilité entre le syndicalisme et France OP Lait », assure Loïc Adam, récemment élu à la tête du jeune syndicat des organisations de producteurs (OP) laitières mais également syndiqué à la FDSEA de la Manche. À la création de l’OP Mont Blanc, de laquelle il est membre, le syndicat majoritaire n’était pas bien loin. « Il nous a accompagnés pour constituer l’OP d’un point de vue réglementaire et administratif », explique l’éleveur.
Et le syndicat est toujours bien présent. Une convention a été signée avec la FRSEA et la chambre d’agriculture de Normandie pour mettre à disposition de l’OP un animateur. Une situation qui n’est toutefois pas la règle. « Dans certaines OP c’est le transformateur qui met à disposition une personne. Chaque OP travaille avec qui elle le souhaite », explique-t-il. Outre les instances locales, ce responsable côtoie également régulièrement au niveau national la FNPL (producteurs laitiers, FNSEA). « La FNPL a son réseau d’OP, selon que les responsables de l’OP soient ou non adhérents à la fédé », décrypte Loïc Adam. Mais ici aucune cotisation n’est demandée aux OP.
Un réseau d’OP
« Nous nous réunissons au moins quatre fois par an, révèle Yohann Barbe, trésorier et responsable des OP au sein de la FNPL. Nous accompagnons les OP sur plein de sujets. » Ce réseau compte une soixantaine d’OP reconnues par les pouvoirs publics sur la centaine que compte l’hexagone. L’objectif est de les accompagner dans les négociations avec les industriels en leur apportant une argumentation tangible notamment au travers de l’utilisation des indicateurs interprofessionnels.
La FNPL est également en train de créer un logiciel à destination des OP permettant de gérer les contraintes administratives auxquelles elles font face. Autre intérêt de ce réseau : « Derrière les revendications des OP, amener le poids syndical de la FNPL », analyse l’éleveur. Cependant, il assure que la FNPL, qui a poussé et aidé les OP au moment de leur création, souhaite que tous les producteurs soient adhérents d’une OP. Et de ce fait, les OP sont « asyndicales », soutient-il. « En aucun cas il y a des revendications syndicales qui passent par les OP », défend le syndicaliste. Et d'observer que dans les réseaux des OP de l’association spécialisée, « certains ne sont même pas adhérents à la fédé ».
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Pas de revendications syndicales
Au sein de son OP, Yohann Barbe assure donc qu'il retire sa casquette FNPL, tout comme Loïc Adam celle de la FDSEA au sein du syndicat des OP. « À France OP Lait, nous défendons les OP. Nous avons une approche différente de celles d’une vision ‘producteur’ sur un certain nombre de sujets », explique ce dernier.
À côté de la FNSEA, les liens entre syndicats minoritaires et OP sont plus timides. Bien entendu, les OP France Milk Board (FMB) partagent un certain nombre de points de vue avec la Coordination rurale qui a beaucoup poussé à leur création. Toutes deux étant membres de l’European Milk Board avec l’Apli (producteurs indépendants). « Nous échangeons avec les OP mais nous n’avons pas mis en place un travail de fond avec des rendez-vous réguliers », explique Sophie Lenaerts, présidente de l’organisation des producteurs de lait de la Coordination rurale.
Les contacts entre les deux entités sont surtout le fait de remontées de terrain d’adhérents dont l’OP rencontre des difficultés face à son ou ses acheteurs. Mais, ici aussi, pas question de faire de différenciation selon la couleur syndicale des adhérents des OP. « Si une OP a un souci, elle peut nous contacter, assure la responsable syndicale de la CR. Nous n’avons pas plus d’affinités avec l'une qu’avec l'autre. »