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Syndicalisme : l’OPG rebaptisée France grandes cultures

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L’Organisation des producteurs de grains de la CR (Coordination rurale) devait annoncer le 10 janvier, lors de son congrès au Futuroscope de Poitiers, sa transformation « courant 2019 » en France grandes cultures, a-t-elle indiqué à Agra Presse. « On va se transformer en intégrant les betteraves dans notre syndicat », explique le président Nicolas Jaquet. L’idée s’inspire du prochain regroupement au sein de FranceAgriMer des conseils spécialisés pour les filières céréales, sucre, oléoprotéagineux, d’après lui. Il s’agit aussi de « booster le nombre d’adhésions ». L’OPG revendique quelque 3 000 membres, un chiffre « en croissance de 10 % par an depuis quelques années ». « Les positions de l’AGPB (affiliée à la FNSEA, ndlr) ne répondent pas aux attentes des agriculteurs », soutient Nicolas Jaquet.

Au contraire, l’OPG défend une « libéralisation du commerce de céréales ». 98 % des producteurs le souhaitent, d’après le syndicat pour qui l’obligation de passer par un OS (Organisme stockeur) fait que « le céréalier est dépossédé de sa récolte », étant empêché de vendre en direct auprès d’un meunier ou un éleveur. L’organisation défend aussi un rééquilibrage des productions en faveur des oléoprotéagineux : elle critique la vente de blé sur un marché mondial inférieur au coût de production quand l’Europe importe massivement des huiles et protéines végétales. Et de s’en prendre à des sociétés qui à la fois exportent des grains et en importent. Dans le collimateur de l’OPG, figurent l’industriel Roquette, le négociant Soufflet pour l’achat de maïs ukrainien, ce dont Nicolas Jaquet soupçonne aussi des coopératives du nord de la France.

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Coordination rurale
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Le président de l’organisation critique la stratégie de la filière, qu’Intercéréales a élaborée dans son plan de transformation issu des EGAlim. « Il faut arrêter de vendre à bas prix, et trouver des prix rémunérateurs sur le marché national, pas à l’export », d’après lui. L’OPG, qui occupe un siège à l’interprofession depuis octobre, annonce vouloir y « taper du poing » : Intercéréales paie un cabinet d’avocats pour « contourner la loi par rapport aux indicateurs de coûts de production », dénonce son président.

Nicolas Jaquet (57 ans), en poste depuis l’origine de l’organisation en 1996, dit vouloir garder son mandat « encore quelques années ».