Les industriels des produits laitiers frais, confrontés à une diminution des ventes de leurs produits et à une hausse du prix de leur matière première, appellent les distributeurs à sortir de la logique de confrontation pour bâtir une co-construction profitable à toute la filière.
LES fabricants de produits laitiers frais (yaourts, fromages blancs...) appellent « à une collaboration durable entre les acteurs de la filière face à un marché économique difficile », ont-ils expliqué lors de l'assemblée générale de leur syndicat, Syndifrais, le 1er avril à Paris. Les ventes de produits laitiers ultra-frais ont diminué de 3,2% entre 2012 et 2013. « Le prix de vente au consommateur est moins élevé aujourd'hui qu'en 2003. La hausse du prix du lait à la production est prise sur les marges déjà très faibles des industriels, et les distributeurs s'en servent pour mener une guerre des prix », regrette Pierre Girier, président de Syndifrais. Les fabricants de produits laitiers frais expliquent être « pris en tenaille entre une augmentation du prix du lait (+9,3% par rapport à 2012) tirée par la demande mondiale et des prix de vente sortie d'usine déconnectés des réalités économiques » (+1% entre décembre 2012 et 2013). « Notre volonté est de continuer à mieux rémunérer le lait aux éleveurs », affirme Pierre Girier. « Est-ce que l'on pourra honorer les hausses en totalité ? Pour ça, il faut que la distribution nous laisse un peu d'air », prévient-il.
Bousculer la LME« La guerre des prix est une vraie difficulté car c'est nous qui la finançons, elle tue l'emploi, l'innovation, la croissance et fait fermer une entreprise par jour », confirme Jean-Philippe Girard, président de l'Association nationale des industries alimentaires (Ania). « On est au bout du bout, le gouvernement a un rôle pour nous aider à construire une relation différente entre les 7 enseignes de distribution et les 13 000 entreprises ». Si l'Ania a salué « la responsabilité du gouvernement », qui a pris en charge la question des relations commerciales, elle « ne peut pas se contenter d'avancées aussi faibles » et réclame une nouvelle loi pour « bousculer la Loi de modernisation économique ».
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« Nous sommes à un moment clé », croit Jean-Philippe Girard, qui constate « un fléchissement chez les distributeurs, car ils ont compris que ce qui se passe chez nous risque demain de se passer chez eux ». Il veut donc « continuer à impliquer les distributeurs pour passer d'une logique de confrontation à une logique de co-construction ».