La crise de la filière française du porc est devenue une constante. Elle pourrait se doubler d’un sérieux remue-ménage dans les structures industrielles qui valorisent la production et permettent de fidéliser la consommation contre les vents du « nutritionnellement correct » et les marées des importations.

Coup sur coup, en effet, au moins deux opérateurs majeurs de la charcuterie sont appelés à changer de cap, sinon de mains, dans les mois qui viennent. Alors qu’on ne mesure pas bien encore l’incidence qu’aura le retrait annoncé du groupe américain Sara Lee qui a décidé de céder Jambon d’Aoste, le leader incontesté du secteur, il se dit que les actionnaires familiaux de la société Madrange, qui occupe une place de numéro 3, cherchent à ouvrir leur capital, « voire plus si affinités ». Même si elle est démentie, l’annonce par Le Figaro d’un mandat donné à Rothschild pour trouver un acquéreur jette le trouble.

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Cela fait beaucoup d’incertitudes d’un coup – mais qui sont aussi des opportunités pour qui voudra les saisir – dans une branche qui est surtout faite de PME derrière un peloton de tête d’à peine dix entreprises de taille nationale, dont trois appartiennent d’ailleurs à des groupes étrangers. L’important est d’éviter de se fragiliser sur le marché européen, où il faut compter avec des groupes hollandais bien sûr, voire espagnols maintenant, qui jouent à plein les synergies avec leur amont, quand nous, nous ne savons pas où va la politique agricole ni ce que politique industrielle veut dire. Un défi que ne semble pas prendre en compte la prochaine loi d’orientation concoctée rue de Varenne.