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Syngenta mise sur le blé hybride pour capter des parts de marché

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Le spécialiste en semences et protection des cultures Syngenta, repris récemment par ChemChina, a confirmé le 6 septembre vouloir lancer un blé hybride, avec l’objectif de gagner du terrain face aux concurrents. Côté phyto, il espère arriver à une technologie de rupture.

« À l’horizon 2023, nous visons 20 % de parts de marché en France pour les semences de céréales à paille », a déclaré le président Bruno Baranne, comptant entre autres sur le lancement d’un blé hybride mais « pas avant trois ans ». Soit une belle progression par rapport aux 12 % atteints aujourd’hui en orges, grâce aux hybrides fourragères et brassicoles, et 2 % en blé conventionnel. La recherche est orientée sur le rendement, la qualité mais aussi les tolérances aux maladies et insectes. C’est du côté de la semence de blé hybride qu’est attendue « la rupture » en termes d’innovation sur les dix prochaines années. Concernant le tournesol, Syngenta France vise une progression à 35 % de parts de marché, en répondant au contexte agronomique local avec des hybrides axés sur la précocité, la tolérance aux maladies. « Dans un marché du tournesol très éclaté, Syngenta intervient sur tous les segments », souligne-t-il. L’objectif en maïs est de grimper à 5 % de parts de marché avec des produits adaptés à l’ensilage, d’autres apportant une meilleure résistance au stress hydrique.

Un nouvel actionnaire « très déterminé »

Sur un marché français des semences chiffré à quelque 900 millions d’euros, Syngenta affiche 75 millions d’euros de ventes, à quoi s’ajoute une production de 500 millions d’euros exportée. L’ambition du groupe, à l’échelle mondiale, est de passer du statut de « n°3 distancié à n°3 fort ». ChemChina, le nouvel actionnaire, « nous offre une stabilité à moyen/long terme », a indiqué Bruno Baranne. Le conglomérat chinois se montre « très déterminé à augmenter les investissements en Recherche et Développement ».

Dans le domaine de la protection des cultures, le groupe affiche son ambition de « rester le n°1 » mondial. « La force de Syngenta est sa largeur de portefeuille », considère-t-il. Un éventail de produits qui va encore s’étoffer avec le lancement de 2 molécules par an contre 1,2 aujourd’hui. Problème, l’Europe reste à part. « 70 % des matières actives ne sont pas réinscrites dans l’UE, explique Xavier Thévenot, directeur du Développement durable. C’est deux fois plus que dans le reste du monde. Résultat, le panel de solutions s’effondre. » La forte réglementation est en cause. Elle freine les investissements. « Le flux des innovations va être très faible en Europe, vu les contraintes réglementaires », prévient-il.

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Biocontrôle : un partenariat R & D prometteur

Syngenta compte passer dans l’Hexagone de 21 % de parts de marché phytos à 23 % en 2023. Le marché français de la protection des cultures devrait encore se rétrécir cette année, la pression des maladies demeurant « assez faible ». Evalué à 2,1 milliards d’euros en 2016, il afficherait une baisse de 6 % en 2017 et de « plus de 8 % » en 2018, d’après le groupe. Une stabilité est prévue ensuite. En 2023, le gros du marché atteindrait 1,7 milliard d’euros auxquels s’ajouterait le biocontrôle. Celui-ci doublerait en valeur par rapport à aujourd’hui, atteignant 170 millions d’euros. Syngenta parie sur un scénario dynamique pour le biocontrôle, lié à l’émergence d’une technologie de rupture à « efficacité égale aux produits conventionnels » : « On commence à avoir des choses », glisse Bruno Baranne. Avec la société hollandaise DSM, le groupe explore des solutions microbiennes. Les premiers produits issus de ce partenariat R & D sont attendus « après 2024 » sur le marché du biocontrôle, avec « dans un premier temps, plutôt des fongicides en cultures spécialisées » et ensuite dans le domaine des grandes cultures.

Le blé hybride constitue « la rupture » en termes d’innovation sur les dix prochaines années