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Semences Syngenta profite de la reprise agricole mondiale

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Spécialiste des produits phytosanitaires et des semences, Syngenta affiche une santé de fer. Les résultats pour l’année 2007 témoignent de la très forte croissance du groupe, qui semble décidé à continuer sur sa lancée, porté notamment par l’innovation.

Sans surprise, Syngenta affiche une croissance à deux chiffres sur 2007. A 9,24 milliards de dollars, son chiffre d’affaires est en hausse de 11 % par rapport à l’année précédente. L’EBITDA, équivalant américain du revenu opérationnel avant dépréciation et amortissement, a pour sa part grimpé de 16 %, montant à 1,85 milliard de dollars. Les actionnaires ne peuvent que se réjouir : le bénéfice par action a dépassé les 11 dollars, soit 31 % de plus qu’en 2006. Syngenta leur a distribué pour 2007 plus d’un milliard de dollars sous forme de dividendes et en rachats d’actions, tout en continuant à investir. En conférence de presse à Londres le 7 février, Mike Mack, directeur exécutif du groupe, a promis un retour sur investissement au moins égal pour 2008. « Les nouvelles technologies sont cruciales pour accroître la production agricole », a-t-il expliqué. De fait, la croissance de Syngenta repose sur l’augmentation de la demande alimentaire… Mais aussi sur la hausse du prix des matières premières agricoles qui pousse les agriculteurs à investir dans les facteurs de production. La firme mise sur le maïs et le soja, cultures qui ont le vent en poupe avec le développement des biocarburants. Elle investit également dans les légumes.

Des nouveautés en mesure de rapporter 2 milliards de dollars

En protection des cultures, secteur qui a rapporté à l’entreprise un chiffre d’affaires de 7,3 milliards de dollars en 2007 (11 % de plus qu’en 2006), toutes les lignes de produits ont progressé, et ce dans toutes les régions. Les herbicides sélectifs et les fongicides ont rapporté chacun 2 milliards de dollars, contre un peu plus d’1 milliard pour les ventes d’insecticides. Si Syngenta réalise toujours plus de la moitié de ses ventes aux Etats-Unis et en Europe, c’est dans les pays émergents que la croissance est la plus forte. La médaille d’or revient à l’Amérique latine : + 37 % entre 2006 et 2007. La firme se réjouit d’avoir une petite dizaine de nouveautés dans les tuyaux. « Elles représentent un potentiel de vente de plus de 2 milliards de dollars », a indiqué John Atkin, directeur de la branche protection des cultures du groupe. Logique, puisque Syngenta ne s’intéresse qu’à des produits de grande diffusion. « Ils doivent être au moins utilisables dans trois régions du monde,a indiqué John Atkin en marge de la conférence de presse. Sans cela, les coûts des tests à effectuer pour la mise en marché sont trop importants ». Dès cette année, le groupe va lancer, dans cinq pays, Durivo, un insecticide à large spectre. D’ici 2011, il devrait être disponible dans la plupart des grands pays agricoles et rapporter à terme 300 millions d’euros. Et pour 2009/2010, Syngenta prépare la mise en marché d’un produit de protection contre le stress des plantes. Baptisée Invinsa, la technologie provient de la société Rohm and Haas, avec laquelle Syngenta a passé un accord le 18 janvier.

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Reprise en main de la transgénèse

Encore trois fois moins importante que le secteur des produits phytosanitaires, la branche semences, dont la réorganisation a débuté en 2004, n’est pas en reste, tant en termes de résultats que d’innovation. Le chiffre d’affaires a progressé de 16 % entre 2006 et 2007, dépassant les 2 milliards de dollars. Valeurs sûres, le maïs et le soja ont rapporté presque 900 millions de dollars en 2007. Cette année, Syngenta compte commercialiser à grande échelle un maïs transgénique à triple tolérance, un type de variété de plus en plus prisée aux Etats-Unis. La société avance à grands pas dans la transgénèse : alors qu’elle était jusqu’à présent obligée d’acheter du savoir-faire à l’extérieur, notamment à Monsanto, elle va maintenant pouvoir utiliser les fruits de sa propre recherche en génétique. « La qualité de notre germplasme est en train de s’améliorer », a expliqué Davor Pisk, directeur du secteur semences. Et les profits devraient suivre. Huit nouveaux caractères devraient être développés en maïs entre 2009 et 2015. L’amylase du maïs, qui permet d’améliorer la production d’éthanol est du nombre. Des variétés l’incluant pourraient voir le jour en 2009.

Dopé par les résultats de 2007, le groupe se montre très confiant dans son potentiel de développement.