Le 9 avril, le producteur suisse de produits phytosanitaires Syngenta a annoncé qu’il allait se réorganiser en maintenant ses effectifs. Objectif : coller davantage aux changements survenus chez ses clients, qui ont tendance à se spécialiser et à se regrouper.
«Nous sentons une forte évolution chez nos clients depuis bientôt deux ans », observe Xavier Leprince, directeur général adjoint des opérations chez Syngenta. Pour s’y adapter, le groupe a donc décidé de modifier son organisation tout en conservant les mêmes effectifs, soit 350 personnes en France dont environ 200 sur le terrain. C’est ce qu’il a annoncé le 9 avril dans un communiqué de presse. La réorganisation s’effectue à l’échelle nationale mais aussi locale. Au niveau national, l’objectif est de prendre en compte la spécialisation des métiers. Pour ce faire, deux activités sont extraites du réseau généraliste : la protection de semences d’un côté, les « nouveaux business » de l’autre. Dirigée par Xavier Thévenot, une première entité regroupera donc toutes les activités de protection des semences, avec les services marketing, commerciaux et techniques qui y sont liés.
Des approches « pas classiques » dans les « nouveaux business »
Chapeautée par Pierre Lavaud, l’entité « nouveaux business » comprendra pour sa part l’horticulture, les espaces verts, le jardin amateur ainsi que le développement des projets spécifiques fonctionnant sur un mode « start up ». Ce qui concerne par exemple les méthodes de contrôle biologique. Y sont également incluses les négociations autour des échanges ou rachats de licences. « Ce sont des approches qui ne sont pas classiques », explique le responsable. Une entité regroupant le développement, les filières, les services associés aux produits, ainsi que les directions marketing et commerciale demeure. Ses trois activités seront dirigées respectivement par Xavier Charon, Hubert Géneau et Jérôme Barbaron.
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Sur le terrain, le groupe a également choisi de s’adapter à la nouvelle structuration des distributeurs, qui en quelques années se sont concentrés et structurés. Pour Syngenta, trois types d’acteurs, qui requièrent chacun un traitement particulier, se distinguent : les réseaux nationaux comme Agridis, la quinzaine de groupements de coopératives et les distributeurs indépendants.
Raisonner par bassins de distribution
Pour mieux les servir, « nous ne raisonnons plus par régions de production mais par bassins de distribution », explique Xavier Leprince. Ce qui consiste entre autres à spécialiser les équipes de terrain en fonction des différents types de clients. Le groupe ne révolutionne pas toute son organisation en région. Mais « nous allons mettre en place des équipes plus proches des grands groupes régionaux », observe par exemple Xavier Leprince. Syngenta va également développer des outils marketing associant les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Parce que les contacts avec des distributeurs qui couvrent des secteurs géographiques de plus en plus vastes sont également virtuels. Le groupe qui articulait auparavant son organisation autour de quatre régions (Nord, Est, Sud-est, Sud-ouest) se recentre sur trois zones : Centre-Ouest, Nord-Est et Sud. Autrement dit, « nous faisons sauter les frontières virtuelles que l’on s’était mises en tête », résume Xavier Leprince.