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Table ronde à Bercy : les distributeurs se sont dérobés

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La rencontre du 17 juin au ministère de l’Economie, qui devait officialiser une plus grande discipline et une meilleure transparence des marges des distributeurs, a été une déception. Les ténors des grandes surfaces ne sont en effet pas venus à cette rencontre, se bornant à déléguer le président salarié de la FCD, Jérôme Bédier. Même Leclerc et Système U avaient, pour l’occasion, donné mandat à Jérôme Bédier de les représenter alors qu’ils n’adhèrent pas à la FCD.

Dans un communiqué, celui-ci a néanmoins assuré que « les distributeurs s’engagent à donner suite à toutes initiatives engagées par les pouvoirs publics ». A l’instar de Serge Papin, patron du réseau Système U, il demandait que tous les syndicats agricoles, y compris les syndicats minoritaires, soient associés aux travaux des groupes de travail à venir. Pour sa part, interrogé par les consommateurs (UFC — Que Choisir), sur le niveau excessif des marges sur les viandes, par exemple, Jérôme Bédier ne pouvait que répondre : « C’est une question à adresser à chaque distributeur ».
Le président de la FNSEA Jean-Michel Lemétayer ne cachait pas sa déception : « On ne peut pas être totalement satisfait lorsque tous les acteurs ne sont pas autour de la table. Je regrette vivement que le commerce et la distribution n’aient été représentés que par Jérôme Bédier ». Président de Coop de France, Philippe Mangin a souligné la « gravité » qui prévalait à cette réunion et regrettait lui aussi que les distributeurs n’y soient pas présents. William Villeneuve (JA) a constaté un « front commun, des producteurs aux consommateurs, face aux abus des distributeurs ».
Deux points ressortent surtout de cette rencontre qui s’est déroulée en une heure et demie : d’une part une volonté ferme du gouvernement, et de Luc Chatel, secrétaire d’état à la Consommation en particulier, d’intensifier les contrôles sur les marges des grandes surfaces ; d’autre part, cinq groupes de travail ont été définis. Leurs missions : accélérer la mise en place de l’observatoire des prix et des marges, sujet le plus important pour les agriculteurs, selon la vice-présidente de la FNSEA Christiane Lambert ; plancher sur l’élaboration d’un guide de bonnes pratiques commerciales ; travailler sur la contractualisation des relations entre agriculteurs et industriels ; envisager l’utilisation possible de la mention « origine France ». Un travail sur l’orientation stratégique des filières agroalimentaires est également prévu. Un autre chantier concerne le bilan de la loi LME qui devrait être établi pour mi-septembre.

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