La présidente taïwanaise, Tsai Ing-Wen, a indiqué le 28 août que son gouvernement prévoyait, à compter du 1er janvier 2021, d’autoriser à la fois l’importation de porc américain provenant d’élevages dont l’alimentation contient de la ractopamine ainsi que de bovins âgés de plus de trente mois. Concernant les résidus de ractopamine, additif qui contribue à rendre la viande plus maigre, ils seront toutefois tolérés jusqu’à un certain seuil. En levant ces barrières à l’entrée, existantes depuis 2006 sur le porc et depuis 2003 pour le bœuf, Taïwan met fin à l’un des principaux contentieux qui empêchaient la conclusion d’un accord commercial avec les États-Unis. Pour la présidente taïwanaise, cette décision est « basée sur les intérêts économiques de notre pays et les objectifs de développement stratégique ». Et d’ajouter que « si nous parvenons à faire ce pas crucial sur le sujet du porc et du bœuf américains, cela marquera le début d’une coopération économique » entre Taipei et Washington. Cette décision a été vivement saluée par le gouvernement de Donald Trump qui a notamment appelé à une mise en œuvre « rapide ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
En 2019, les exportations de viande et de produits de porc américains vers Taïwan ont totalisé 16 300 tonnes, soit le 14e marché en importance pour le porc américain. La même année, alors que les échanges commerciaux se sont élevés à 85,5 Mrds $, les États-Unis accusaient un déficit de 23,1 Mrds $. En parallèle de ce rapprochement, Taïwan risque inéluctablement de s’éloigner de son premier partenaire commercial. En effet, Pékin verrait d’un mauvais œil la signature d’un tel accord alors que celui qui le lie actuellement à Taipei expire le mois prochain. D’une durée de dix ans, cet accord a notamment réduit les taxes qui pesaient sur plus de cinq cents produits d’exportation taïwanais.