Clé de voûte de la LMA, la contractualisation ne démarre pas sous les meilleurs auspices. Il est vrai qu’il s’agit rien moins que de passer d’une époque à une autre, de remplacer les filets de sécurité qui relevaient de la PAC par des moyens de régulation internes aux filières dans lesquels les opérateurs organisent eux-mêmes leurs marchés. Pour l’heure, seuls les secteurs fruits et légumes et lait sont concernés. Dans le premier cas c’est la grande distribution qui fait les premiers pas, et avec la plus extrême prudence.  Pour les industriels laitiers, l’exercice est plus que complexe puisqu’il s’agit d’assurer la transition jusqu’à la  fin des quotas laitiers qui n’interviendra qu’en mars 2015. Les premiers contrats proposés par les entreprises ont fait bondir tout le monde, à commencer par le ministre Bruno Le Maire qui leur demande de revoir leur copie, mais aussi comme prévu les syndicats minoritaires qui les jugent déséquilibrés et abusifs et pour qui
« la contractualisation à marche forcée » ne pouvait qu’être un piège tant que la politique européenne de régulation ne serait pas en place. A la FNPL, on table sur la phase suivante, c’est-à-dire l’entrée en négociations des producteurs avec les industriels et surtout sur la possibilité de les rendre collectives en vertu d’un décret… promis seulement en fin d’année. En attendant, la privatisation des relations rend tout le monde soupçonneux et faute de s’être entendu sur un contrat type, les partenaires ne peuvent tabler que sur l’assistance de la commission mise en place au sein de l’interprofession et sur le guide de bonnes pratiques qui en est sorti.

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