La commission de l’Environnement du Parlement européen a adopté le 5 février son projet de position sur le mécanisme européen d’ajustement carbone aux frontières (dit taxe carbone) visant à appliquer un prix du carbone sur les importations de certains biens industriels (mais pas agricoles) issus de pays tiers, si ces pays ne sont pas assez ambitieux en matière de changement climatique (1). Les députés soutiennent l’introduction d’un tel mécanisme compatible avec l’OMC alors que la Commission européenne doit soumettre une proposition en juin 2021. Pour les eurodéputés, ce dispositif devrait d’ici 2023, et suite à une étude d’impact, couvrir le secteur énergétique et les secteurs à forte intensité énergétique comme le ciment, l’acier, l’aluminium, les produits chimiques et les fertilisants, qui continuent à bénéficier d’importantes allocations gratuites de quotas d’émission et représentent toujours 94 % des émissions industrielles de l’UE.
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Pour le rapporteur parlementaire du texte, Yannick Jadot (Vert, France), « c’est un test politique et démocratique majeur pour l’UE, qui doit en finir avec une certaine naïveté. Et imposer le même prix du carbone aux produits fabriqués dans et en dehors de l’Union ». Si ces propositions ont été favorablement accueillies par plusieurs ONG et centres de réflexion (Climate Action Network, l’Institut Jacques Delors…), l’Institut pour la politique environnementale européenne (IEEP) a, pour sa part, regretté que certains secteurs ne soient pas couverts par le mécanisme, notamment l’agriculture. Le Parlement dans son ensemble devrait se prononcer sur la résolution lors de sa session plénière du 8 au 11 mars.