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Taxes américaines : l’UE dans l’inconnu après les annonces de Donald Trump

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La décision de la Cour suprême des États-Unis de déclarer illégales les surtaxes « réciproques » et l’annonce, dans la foulée, de nouveaux tarifs par Donald Trump ont fait plonger les relations transatlantiques dans l’incertitude. Bruxelles réclame des éclaircissements et s’accroche à l’accord conclu en juillet.

Dans une décision rendue le 20 février, la Cour suprême des États-Unis a infligé un sérieux revers au président américain, Donald Trump, en ce qui concerne sa politique agressive de surtaxes tarifaires. À une majorité de six juges contre trois, la Cour a estimé que le locataire de la Maison Blanche avait outrepassé ses pouvoirs en imposant des droits de douane sur de nombreux produits entrant aux États-Unis. La réaction de Donald Trump n’a pas tardé. Le président des États-Unis a signé le jour même un décret, entrant en vigueur le 24 février pour une durée de 150 jours, imposant un droit de douane « mondial » de 10 %, qu’il a annoncé faire passer à 15 % lors d’une nouvelle intervention le lendemain.

Face à cette situation floue, l’UE réclame « des éclaircissements complets » à son homologue américain, craignant une hausse des tarifs au-delà de ce que prévoit leur entente. « Un accord est un accord », précise ainsi Bruxelles exhortant les États-Unis à respecter les termes de la déclaration commune conclue de juillet devant stabiliser les relations commerciales entre les parties. Au niveau agricole, même stupéfaction. Les exportateurs français de vins et spiritueux (FEVS), touchés de plein fouet par la politique tarifaire, restent « extrêmement prudents ».

Les termes de l’accord

En réaction, les rapporteurs de la commission du Commerce international du Parlement européen (Cominta) ont décidé de suspendre, une nouvelle fois, leur travail législatif au sujet des textes mettant en œuvre l’accord de juillet alors qu’ils devaient se prononcer le 24 février. Ceux-ci visaient, notamment, à faciliter l’accès au marché européen de certains produits agricoles américains. Les implications de la décision de la Cour Suprême « ne peuvent être ignorées, et le statu quo n’est pas une option », a indiqué le président de la Cominta, le social-démocrate allemand Bernd Lange.

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Lire aussi : UE/États-Unis : vers une position commune des eurodéputés sur l’accord commercial

Présent au Parlement européen le 24 février dans le cadre du dialogue structuré avec la Cominta, le commissaire au Commerce Maros Sefcovic a pourtant appelé les eurodéputés à poursuivre la mise en œuvre des engagements de la Déclaration commune. « Un vote en séance plénière en mars doit rester notre objectif, à condition, bien sûr, d’obtenir davantage de précisions de la part des États-Unis », a-t-il déclaré. Une déclaration qui a fait grincer des dents dans l’hémicycle. « L’espoir ne nous suffira pas », a rétorqué Bernd Lange qui exige davantage de garanties de la part de l’administration américaine. Les rapporteurs de la Cominta sur ce dossier doivent se réunir « la semaine prochaine » afin de réévaluer la situation.