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Taxes américaines : Trump ordonne la réciprocité tarifaire

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Donald Trump a franchi une nouvelle étape dans sa croisade commerciale avec l’annonce de droits de douane réciproques, une sorte de mesure fiscale miroir à l’encontre des importations. L’UE tente de maintenir le dialogue tout en se disant malgré tout prête à réagir fermement.

Nouvelle escalade dans la guerre commerciale amorcée par Donald Trump. En effet, le président américain a signé, le 13 février, un mémorandum ordonnant l’élaboration d’un plan global visant à rétablir l’équité dans les relations commerciales des États-Unis et à lutter contre les accords commerciaux non réciproques. En d’autres termes, celui-ci annonce la mise en place une politique de droits de douane réciproques. Pour Washington, l’objectif est de corriger les déséquilibres commerciaux et protéger ses intérêts en appliquant en miroir aux importations les mêmes droits que ceux appliqués aux produits américains. Le décret inclut aussi la TVA (taxe sur la valeur ajoutée), considérée comme un obstacle au commerce. La Commission européenne a, de son côté, réagi dès le 14 février. Dans un communiqué, Bruxelles condamne cette proposition qu’elle considère être « un pas dans la mauvaise direction ». Et d’ajouter : « L’UE réagira fermement et immédiatement contre les barrières injustifiées au libre-échange et au commerce équitable, y compris lorsque les tarifs sont utilisés pour contester des politiques légales et non discriminatoires. »

Une réaction complexe

Mais l’UE souhaite avant tout désarmer les tensions et maintenir le dialogue. Le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, s’est donc déplacé aux États-Unis, les 19 et 20 février où il devait notamment y rencontrer ses homologues américains. Il est également intervenu à événement de l’American Enterprise Institute ayant pour thème « la coopération UE-États-Unis en matière de commerce et de sécurité économique ». À cette occasion, il a rappelé les forts liens commerciaux transatlantiques qui représentent « 30 % du commerce mondial » et « 4,5 Md$ d’échanges quotidiens ». « Il est la définition même d’un partenariat gagnant-gagnant et n’a rien d’injuste », a-t-il affirmé. D’ailleurs, au niveau agricole, les droits de douane américains sont plus élevés. « Les produits agroalimentaires américains sont soumis à un droit de douane de 3,5 % à leur entrée dans l’UE, tandis que les produits agricoles de l’UE sont soumis à un droit de douane de 5,7 % aux États-Unis », a précisé le Slovaque dans son intervention.

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Et d’ajouter : « Compte tenu de ces faits, l’UE ne voit aucune justification à des augmentations soudaines et unilatérales des tarifs douaniers par les États-Unis ». Au Parlement européen, la réaction de l’UE fait débat. Les députés de la commission du Commerce international ont évoqué, le 19 février, la possible utilisation de l’outil anti-coercition, en vigueur depuis fin 2023. Ce nouvel instrument offre la possibilité à l’UE d’utiliser, en dernier recours, un certain nombre de contre-mesures envers un pays tiers, dont l’imposition de droits de douane ou de restrictions aux échanges de biens et de services. Mais pour l’heure, l’exécutif reste encore flou sur sa stratégie de réponse.