Le charcutier Tempé a été mis en redressement judiciaire par le tribunal de grande instance de Mulhouse, faute d’entente entre la direction et les syndicats. L’entreprise pointe du doigt les responsabilités de Force Ouvrière qui a demandé l’application de la convention collective de l’industrie charcutière à la place de celle de la charcuterie de détail. Elle a été condamnée à verser les arriérés de salaires au titre de ce changement, ce qui représente un coût supplémentaire de 9 millions d’euros. Tempé était néanmoins bénéficiaire avec un résultat net de 400 000 euros pour un chiffre d’affaires de 49 millions d’euros.
Dans son business plan, Henk Blom, p.-d.g. de Tempé, n’avait pas pris en compte une charge supplémentaire de 9 millions d’euros. Ne pouvant par assumer ce coût, Tempé a été mise en redressement judiciaire par le tribunal de grande instance de Mulhouse. Un arrêt du tribunal de commerce a obligé, en novembre 2007, la société à payer les arriérés de salaires jusqu’en 2000 au titre du changement de convention collective. Le syndicat de Force ouvrière a obtenu auprès du tribunal que l’entreprise passe à la convention de l’industrie charcutière à la place de celle de la charcuterie de détail. « Nous devons assumer une charge de 7,2 millions d’euros pour nos 350 salariés actuels mais également le paiement des droits des salariés présents dans l’entreprise entre 2000 et novembre 2007. Le coût réel s’élève à près de 9 millions d’euros, alors que les fonds propres de l’entreprise atteignent 5 millions d’euros », explique Henk Blom. « Nos partenaires financiers et commerciaux refusent de suivre constatant qu’ils n’ont plus de visibilité à long terme sur l’entreprise », ajoute-t-il.
Recherche repreneur
Depuis 1999, le syndicat Force Ouvrière demandait le changement de convention collective. Tempé avait envisagé une scission de ses activités de détail et de celle de l’industrie, pour appliquer chacune des conventions à sa juste mesure. La société Tempé production a ainsi vu le jour, mais elle n’a jamais réellement fonctionné, aux dires du p.-d.g. Selon Danielle Sage, déléguée syndical FO, « la proposition émanait du syndicat mais la direction a refusé faute de moyens financiers pour orchestrer une scission ». Le différend entre syndicat et direction a ainsi perduré jusqu’à maintenant, menant à la mise en redressement judiciaire de l’entreprise. Henk Blom avait pourtant des ambitions pour l’entreprise qu’il a rachetée en 2001 et qu’il a redressée à force de choix judicieux alors qu’elle perdait 20 millions d’euros auparavant Cf Agra alimentation n°2001-2002 du 10/01/2008 page 12. L’entreprise avait même obtenu le Trophée de l’Esprit alimentaire 2007 pour son action à l’export. Si Tempé avait déjà porté ses ventes à l’international de 5 à 15 %, Henk Blom ambitionnait de porter ce taux à 25 %, jugeant que la croissance était hors des frontières françaises. Aujourd’hui Tempé réalise un chiffre d’affaires de 49 millions d’euros, dont 20 M dans le commerce de détail et 29 M dans l’industrie, avec un bénéfice de 400 000 euros.
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L’administrateur judiciaire en charge du dossier a d’ores et déjà envoyé une lettre de sollicitation aux entreprises qui seraient susceptibles de reprendre l’activité.