C’est une véritable zone de tempête que traversent actuellement les relations interprofessionnelles laitières. Personne ne veut le reconnaître, mais le principe d’un accord sur le prix du lait est très mal en point. Il ne s’affiche ni urgence à recoller les morceaux, ni envie réelle de collaborer. Les manifestations prennent le dessus car le dialogue ne fonctionne plus, ou mal.
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Qu’est-ce que tout cela révèle, en fait ? Les laitiers vivent, tout simplement mais dans la douleur, la fin d’une certaine Pac, le début d’une dérégulation, d’une privatisation de l’économie laitière. Hier, l’Europe assurait des filets de sécurité (sous forme d’achats publics ou de restitutions) pour des produits transformés. À charge pour les industriels de répercuter un prix raisonnable à leurs fournisseurs, les producteurs. Aujourd’hui, ce soutien aux beurres, poudres et autres denrées est fortement dégradé tandis que les producteurs reçoivent directement une aide directe. D’où la position des industriels, les coopératives comme les privés : confrontés sans filet aux marchés, ils jouent la logique économique, tentant de compenser des prix de vente en baisse par des approvisionnements meilleur marché. Et ils soulignent que l’aide directe compense la baisse des prix du lait, ce qui est peut-être vrai aujourd’hui mais risque de ne pas l’être demain. Le problème, c’est de voir que, devant une situation où les forces du marché priment de plus en plus, on répond « moins d’interprofession » alors que la réponse devrait être au contraire « plus d’interprofession. » Et ce qui est vrai du lait aujourd’hui le sera peut-être d’autres secteurs demain.