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Tensions autour des tarifs logistiques

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En pleine crise du Covid-19, des annonces de hausses tarifaires par plusieurs transporteurs logistiques ont provoqué un tollé. De son côté, le groupe Stef a immédiatement fait machine arrière au lendemain d’une annonce d’augmentation de ses tarifs.

Dans une lettre ouverte parue le 25 mars, Richard Girardot, le président de l’Ania, a lancé « un appel à la raison sur les tarifs du transport et de la logistique », au lendemain de hausses de tarifs « non concertées » faites par d’importantes sociétés de transport. Si le président de l’Ania dit « comprendre parfaitement les conséquences de la crise sur les entreprises de logistique et de transport », il rappelle que « les entreprises de l’alimentation sont dans la même situation ». Et d’appeler à une « union sacrée » par « le dialogue et la solidarité ».

Notamment dans la ligne de mire, le transporteur Stef a immédiatement décidé de surseoir à cette mesure d’augmentation de 8,5 % de ses tarifs, a rapporté notre confrère Les Marchés. Un autre transporteur, STG, avait également annoncé une hausse du même ordre. De son côté, le ministère de l’Economie fait savoir, le 25 mars, que la DGCCRF suit le dossier « pour s’assurer qu’il n’y a pas d’abus et, si c’est le cas, elle agira ». Et de préciser : « Ce que nous savons aujourd’hui, c’est qu’il est plus cher de faire de la logistique avec la crise, car 50 % des camions roulent à vide. »

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La Feef, quant à elle, alerte sur les effets dévastateurs de ces hausses tarifaires allant « de 8,5 % à 25 %, souvent unilatérales et rétroactives ». Dominique Amirault, le président de Fédération, demande dans une lettre adressée le 26 mars à Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, d’intervenir « pour appeler les entreprises de transport et de logistique à un moratoire dans les demandes de revalorisation conjoncturelle des tarifs liées à Covid-19 et à faire preuve de responsabilité et de solidarité dans cette crise difficile pour tous les acteurs économiques ».

Dès le 19 mars, le ministère de la Transition écologique avait annoncé une série de mesures pour « soutenir l’activité des professionnels du transport et de la logistique », mise sous tension par l’épidémie de coronavirus. Dans un autre arrêté paru le 21 mars, le gouvernement a par ailleurs permis temporairement une « augmentation de la durée journalière de conduite, dans la limite de dix heures par jour ou de onze heures par jour, deux fois par semaine ». La durée hebdomadaire de conduite pourra aussi atteindre 60 heures par semaine et 102 heures sur deux semaines consécutives. Ces dérogations sont accordées pour une période de 30 jours.