Pékin a annoncé le 17 avril le déclenchement, dès le lendemain, d’une mesure antidumping préliminaire sur le sorgho importé des États-Unis qui prend la forme d’une caution pouvant atteindre jusqu’à 178,6 % de la valeur du produit, constitue le premier résultat d’une enquête lancée en février (1) et pourrait déboucher sur l’application de taxes définitives.
Premier importateur de sorgho américain, la Chine en a acheté 4,8 millions de tonnes en 2017, pour une valeur approchant 1 milliard $.
« Il s’agit clairement d’une décision politique des Chinois et nous rejetons leur argument », a commenté Sonny Perdue, le secrétaire américain à l’agriculture. « Le fait est que la Chine se livre depuis des décennies à des pratiques commerciales déloyales, et le président Trump a raison de l’en rendre comptable ».
Cette mesure chinoise intervient alors que Donald Trump menace d’imposer des droits de douane sur quelque 150 Mrd $ d’importations chinoises, tandis que Pékin a promis de répliquer avec des représailles proportionnées qui frapperaient en particulier le soja américain. Les États-Unis exportent environ un tiers de leur production de soja vers la Chine, soit 14 Mrd $ en 2017 (2).
(1) Voir n° 3631 du 12/02/18
(2) Voir n° 3639 du 09/04/18
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(3) Voir n° 3640 du 16/04/18
L’UE ne veut pas négocier avec Washington « sous la menace »
Sur fond de tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, l’UE a, pour « préserver ses droits », saisi l’OMC, comme l’a déjà fait Pékin (3), dans l’affaire des tarifs douaniers imposés par Washington sur l’acier et l’aluminium, dont elle est exemptée en théorie jusqu’au 1er mai et dont elle veut être définitivement exclue.
Donald Trump utilise, semble-t-il, cette menace pour amener l’Union à entamer des négociations sur les différends commerciaux bilatéraux. « L’UE est toujours prête à discuter des différends commerciaux mais en aucun cas nous ne discutons de quoi que ce soit sous la pression et sous la menace », a assuré le 18 avril la commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, qualifiant les mesures américaines de « pur protectionnisme ».
Le président français Emmanuel Macron effectue du 23 au 25 avril une visite d’État à Washington où lui succédera le 27 avril la chancelière allemande Angela Merkel.