Les pays producteurs de l'UE apportent leur soutien à la Commission européenne qui milite pour une rénovation en profondeur du Conseil oléicole international, mais se heurte aux réticences de la présidence turque de cette organisation chargée d'administrer l'accord de 2006 sur l'huile d'olive et les olives de table.
La France, l'Italie, le Portugal et la Grèce ont apporté leur soutien, lors de la session du 13 octobre à Luxembourg des ministres de l'agriculture des Vingt-huit, à la Commission européenne qui tente d'obtenir, au nom de l'UE, une « modernisation » du Conseil oléicole international (COI), administrateur de l'accord de 2006 sur l'huile d'olive et les olives de table. Bruxelles se heurte aux réticences de la présidence de cet organisme, actuellement assurée par la Turquie. Celle-ci se contente d'envisager à ce stade une prorogation de deux ans de l'accord qui vient à échéance le 31 décembre prochain. Une réunion des pays membres du COI (1) est prévue le 24 novembre.
Lutte d'influence
Le Conseil des Vingt-huit a chargé le 15 septembre dernier la Commission européenne de demander une prolongation d'un an seulement de l'accord international sur l'huile d'olive et les olives de table. Car, selon l'UE, les membres du COI se doivent de prendre des décisions urgentes : renouvellement du mandat des actuels directeur exécutif et directeur exécutif adjoint de cette organisation et établissement d'un calendrier pour les négociations sur son avenir.
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Bruxelles considère que la priorité essentielle est la « modernisation » du COI : élargissement non seulement à d'autres pays exportateurs, mais aussi aux pays importateurs, travail centré sur les normes de commercialisation de l'huile d'olive, procédure de décision et nouvelle gouvernance. Mais, dans cette affaire, la présidence turque du COI fait preuve, pour le moins d' « inertie », estime l'UE. Elle a seulement lancé, le 8 octobre, une procédure écrite pour la prolongation de 2 ans de l'accord de 2005. Elle envisagerait aussi des changements de personnel et une limitation de la prépondérance de l'UE dans le processus de décision de l'organisation. Sa position est soutenue plus ou moins ouvertement par plusieurs membres de l'organisation.
(1) UE, Albanie, Algérie, Argentine, Égypte, Iran, Irak, Israël, Jordanie, Liban, Libye, Maroc, Monténégro, Syrie, Tunisie, Turquie, Uruguay
L'approbation par le département de l'alimentation et de l'agriculture de l'État de Californie de nouvelles catégories de qualité et normes d'étiquetage pour l'huile d'olive préoccupe les organisations et coopératives agricoles de l'UE (Copa-Cogeca), qui ont alerté la Commission de Bruxelles. Selon elles, de telles initiatives prises en marge des prescriptions internationales par des pays qui ne sont pas membres du Conseil oléicole international risquent de créer des distorsions de concurrence et des barrières aux échanges au détriment des exportations européennes. Dans le secteur de l'huile d'olive, les États-Unis sont le principal client de l'UE. En 2013, celle-ci a vendu sur le marché américain quelque 280 000 tonnes pour un montant de 608 millions €.