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Sucre-céréales/ stratégie Tereos : confiant pour l’avenir, grâce à sa stratégie

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Malgré la conjoncture, Tereos a obtenu de bons résultats l’année dernière et va donc continuer sur sa lancée : accentuer la diversification de ses activités, sa présence à l’international (avec des pourparlers en cours avec le numéro 1 du sucre en Pologne), et augmenter sa productivité. Le groupe coopératif espère ainsi restaurer ses marges commerciales dans les prochains mois et améliorer de 16,5 % sa rentabilité pour l’exercice 2008-2009 en cours.

Malgré la conjoncture très difficile, le groupe coopératif Tereos, propriétaire notamment des marques de sucre Béghin Say et La Perruche, a jugé « satisfaisant » son exercice 2007-2008: volatilité des cours des matières premières agricoles et du pétrole, hausse des coûts de l’énergie, des engrais et du fret maritime, fluctuation des monnaies (euro, dollar, real), gel des crédits… « Vu la conjoncture actuelle, nous avons réalisé une bonne performance », se félicite Renaud Wattinne, directeur financier de Tereos. En effet, le groupe coopératif a affiché une forte progression de son chiffre d’affaires qui s’établit à 3,817 milliards d’euros, soit une hausse de 60 % due essentiellement à la reprise de cinq usines de Talfiie auprès du groupe sucrier britannique Tate and Lyle. Son EBITDA a progressé de 39 %, pour 369 M EUR (+ 9 % hors effet Talfiie). Néanmoins, Tereos dégage un résultat net (après compléments de prix) de 82 M EUR, contre 197 M EUR en 2006-2007 notamment à cause de la réforme communautaire adoptée début 2006, qui impose une baisse du prix du sucre de 36 % étalée sur quatre ans.

De meilleurs rendements

Avec ses résultats, Tereos reste un leader mondial : le groupe coopératif est le deuxième transformateur européen de betteraves en sucre et alcool, le troisième producteur européen d’amidon/glucose, et le deuxième producteur de sucre au Brésil. Sur son dernier exercice, Tereos, qui réalise la moitié de son activité en France, a produit 2 900 000 tonnes de sucre, 1 500 000 m 3 d’alcool-éthanol et 1 800 000 tonnes de produits amylacés. « Notre campagne agricole a été exceptionnelle », se réjouit Yves Belegaud, directeur de Tereos France. Outre la reprise des cinq usines d’amidonnerie de Talfiie, la forte progression du chiffre d’affaires s’explique par un meilleur rendement par hectare tant pour la betterave que pour les céréales, lié au climat et à une meilleure productivité de ses outils industriels. La fermeture de trois des usines de Tereos (Vic, Abbeville, Marconnelle) a entraîné une hausse de 15 000 tonnes/jour de la capacité moyenne des neuf usines restantes. Concernant la transformation des céréales, Syral a multiplié par quatre les volumes de l’année précédente et a ainsi atteint 2 900 000 tonnes de céréales transformées grâce à l’intégration des productions issues des usines de Aalst en Belgique, de Greenwich au Royaume-Uni, de Nestlé en France, de Saluzzo en Italie et de Saragosse en Espagne.

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Accentuer la diversification

La fabrication de produits alimentaires (sucre, glucose, pulpes à base de céréales) représente 60 % de l’activité de Tereos, le reste étant de l’éthanol et de l’alcool. Le groupe coopératif souhaite cette année favoriser les produits à forte valeur ajoutée et donc moins sensibles à la réforme du régime du sucre. A l’avenir, Tereos va continuer à se diversifier, notamment au plan international : le groupe coopératif est actuellement en pourparlers avec KSC, leader du marché polonais du sucre, en vue d’un accord semblable à celui qu’il a signé avec Acor en Espagne, et va continuer à se renforcer au Brésil. « Nous allons augmenter le capital de notre filiale brésilienne Guarani d’au moins 63 millions d’euros », annonce Alexis Duval, directeur international de Tereos. Tereos est présent au Brésil depuis 2002, où il fabrique de l’éthanol à base de canne à sucre destiné principalement au marché local. Tereos y a produit 385 000 m 3 en 2007-08 et vise près de 500 000 m3 pour l’exercice en cours.

Retrouver ses marges commerciales

Tereos est confiant pour cette année : le groupe coopératif espère une amélioration de 16,5 % de sa rentabilité pour l’exercice en cours 2008-2009 qui se clôturera en septembre, après une hausse de 39 % un an plus tôt. Tereos, premier producteur de bioéthanol en France, devrait en vendre 430 000 m 3 en 2008-2009 en Europe, contre 388 000 m 3 au cours de l’exercice précédent. Dans ce domaine, le groupe considère que l’Europe devrait se protéger du Brésil très compétitif en raison de la baisse du real, la monnaie locale. La crise ne fait pas peur aux dirigeants de Tereos, même si à cause d’elle ils prévoient de se limiter à des investissements de maintenance. « Globalement, Tereos sera peu touché par les conséquences de la crise financière cette année car elle a peu d’impact sur la consommation de sucre et de glucose. Et après une période difficile, la baisse des cours du pétrole et des céréales sont des points très positifs », explique Philippe Duval, le président du directoire de Tereos. Le groupe est confiant car il avait baissé ses prix avant la réforme du régime du sucre et aura donc peu de nouveaux efforts à faire cette année. La restauration des marges commerciales de Tereos est engagée et s’opèrera sur les exercices 2008-2009 et 2009-2010. Seule ombre au tableau : dans le non-alimentaire, la diminution du chiffre d’affaires de Tereos en 2008-2009 devrait être de 5 % à 10 %, et globalement Tereos prévoit un chiffre d’affaires à 3,570 milliards d’euros cette année.