Le groupe coopératif Tereos a souligné le 7 juin « une nette reprise depuis septembre » dernier, après une perte sur son exercice 2015-16 dans un environnement difficile. Fort d’une compétitivité qui « se renforce », il compte profiter à plein de la libéralisation du secteur en 2017, révisant à la hausse son objectif de tonnages de betterave.
« Le point bas de la crise est neuf mois derrière nous », a déclaré le président du directoire de Tereos Alexis Duval, soulignant l’amélioration des cours du sucre. Si la perte nette sur 2015-16 représente 34 millions d’euros, contre un bénéfice de 17 millions lors de l’exercice précédent, elle est liée à la hausse des taxes et à « des éléments non récurrents ». Et le résultat opérationnel apparaît « en ligne » avec celui de 2014-15, d’après le groupe : la marge d’Ebitda ajusté s’est stabilisée à 10,5 % d’une année sur l’autre, tirée par l’activité hors Europe, notamment au Brésil.
Le contexte sucrier a été particulièrement difficile, marqué par un « cycle sans précédent d’effondrement des cours ». Sur le plan mondial, les prix ont été divisés par trois depuis 2011. Ils ont perdu en Europe 40 à 50 % depuis 2013, a souligné Alexis Duval. En ce qui concerne l’exercice du groupe (clos le 31 mars), leur évolution a atteint respectivement -16 % et -8 %. Mais l’horizon se dégage avec la résorption des surcapacités mondiales ainsi que pour des excédents européens.
Gains de compétitivité
Tereos a « anticipé l’évolution profonde de son environnement et a renforcé sa compétitivité », a assuré Thierry Lecomte, président du conseil de surveillance. Le numéro un français se targue d’afficher les coûts de production les plus compétitifs dans l’Hexagone, à 199 euros par tonne de sucre, contre une moyenne nationale de 208 euros/t (source LMC en 2014). Ses efforts de compétitivité ont été répartis tous azimuts, de l’agriculture à la commercialisation, en passant par l’industrie et l’innovation. Et le groupe ne compte pas s’arrêter là. La première étape du plan 2015-18 de réduction des coûts et d’amélioration de la productivité a donné « pleine satisfaction », avec déjà « plus de 30 millions d’euros » de gains de compétitivité réalisés, sur un objectif annoncé de 100 millions d’ici à 2018, selon un communiqué.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
18,5 Mt de betteraves en 2017-18
Dans un contexte de remontée des prix du sucre, Tereos table sur une « augmentation significative de son résultat opérationnel, entre +20 et +25 % » pour l’exercice 2016-17. Le groupe revoit à la hausse son objectif de tonnage de betteraves : de 15 millions de tonnes en 2015-16, il table désormais sur 18,5 Mt en 2017-18 (contre 18 Mt précédemment). Pour rassurer les planteurs sur la fin des quotas, Tereos a été « le premier en Europe et le seul en France à s’engager sur un prix minimum de la betterave » (25 euros par tonne), a indiqué Thierry Lecomte. Mieux, il a confirmé des mesures de fin de campagne : « Exemple, une betterave enlevée des champs le 20 janvier sera rémunérée avec un prix minimum garanti entre 28 et 30 euros/t », d’après lui.
En dévoilant sa politique d’achat des betteraves après 2017, le groupe laisse la porte ouverte à une négociation collective. « Nous sommes favorables à la conclusion d’un accord interprofessionnel national concernant les modalités d’achat de la betterave », a déclaré Thierry Lecomte, appelant les autres acteurs français à suivre. « Le SNFS (fabricants de sucre) et la CGB (planteurs de betteraves) doivent maintenant se mettre d’accord », a-t-il ajouté. Et de mettre sur un même plan l’organisation de l’interprofession. « Dans un environnement plus concurrentiel, il faut que nous soyons plus efficaces, afin de ne pas voir nos moyens et nos forces s’éparpiller », a considéré Thierry Lecomte, souhaitant voir l’ITB (institut technique) « consolidé » et « au centre de l’interprofession ».
Tereos se targue d’afficher les coûts de production les plus compétitifs en France