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Sucre/Résultats Tereos est supporté par ses filiales

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Sur son exercice 2006-2007, le chiffre d’affaires de Tereos a progressé de 4% à 2,378 milliards d’euros, grâce à la cession de sa participation dans le brésilien Cosan et l’introduction en bourse de sa filiale Guarani. Ces opérations permettent au groupe de réaliser un bénéfice net de 197 millions d’euros, alors que Tereos enregistre de mauvais résultats en France. Le groupe prévoit néanmoins un retour à la profitabilité en 2008 et pourrait même s’offrir l’activité sucrière du scandinave Danisco, récemment mise en vente.

« En quelque sorte, Tereos France est supporté depuis deux ans par ses filiales. Financièrement, notre résultat net est proche de 200 millions d’euros mais cela ne doit pas cacher que les résultats de Tereos France ne sont pas satisfaisants dus au retard pris par la réforme », indique Philippe Duval, président du directoire de Tereos. Sur son exercice 2006-2007, Tereos a enregistré un chiffre d’affaires en progression de 4 % à 2,378 milliards d’euros, pour un bénéfice net consolidé de 197 millions d’euros contre 75 M EUR en 2005-2006. Ces bonnes performances cachent en réalité un résultat exceptionnel positif de 216 millions d’euros constitué principalement des plus-values de cessions de sa participation dans le brésilien Cosan et des effets de l’introduction en bourse de sa filiale brésilienne Guarani. En 2007-2008, cette dernière a transformé 12 millions de tonnes de canne. « Avec 5 usines en activité et une en projet (Cardoso), Guarani devrait traiter 14 millions de tonnes de cannes en 2008 et 20 millions de tonnes en 2012 ». L’Ebitda du groupe a reculé de 293 à 266 millions d’euros, en raison de « l’insuffisance des prix de vente du fait des retards dans la réforme du règlement sucre ». Son résultat d’exploitation avant compléments de prix passe de 207 M EUR à 142 M EUR au 30 septembre 2007 et le résultat financier du groupe présente un charge nette de 67 millions d’euros contre une charge de 64 millions d’euros l’an dernier. Sa marge brute d’autofinancement a également reculé à 158 M EUR, contre 206 M en 2006.

Perte de 150 M EUR par an

« Depuis cinq ans, les prix n’ont pas cessé de baisser. 100 euros par tonne de sucre ont été progressivement perdus depuis cinq ans. Par rapport au quota de Tereos, cela représente une perte de 150 millions d’euros par an. Cela confirme la nécessité de l’achèvement de la réforme », précise Philippe Duval. Pour autant, le président du directoire reste confiant pour l’année 2008 qui devrait voir la fin des abandons de quota demandés par Bruxelles. « Nous avons abandonné à ce jour 5 millions de quotas sur 6 millions demandés. Au titre de la seconde vague au 31 mars 2008, on peut espérer ne pas être trop loin du 1 million de tonnes manquant », indique-t-il. Dans le cadre de la réforme du règlement sucre européen, Tereos avait proposé un plan d’abandon à hauteur de 20 % des quotas sucriers.

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Meilleure productivité

Pour ce faire, le groupe a du fermer trois usines situées à Abbeville, Marconnelle et Vic-sur-Aisne. « Nous avions onze usines, nous n’en possédons désormais que huit mais leur productivité s’est améliorée. La capacité journalière moyenne de nos usines est passée de 12 000 à 15 000 tonnes », précise Philippe Duval. Un élément majeur pour restaurer la compétitivité du groupe dans l’Hexagone. Le groupe va augmenter la durée de sa campagne à 100 jours en 2008, contre 80 jours auparavant. Il entend améliorer le rendement de son approvisionnement betteravier. Ainsi, « plus de 3 000 planteurs sur 16 115 que comptait le groupe Tereos ont déclaré leur intention de cesser la culture de betterave. Le tonnage moyen par planteur passe de 810 à 1 000 tonnes, soit une surface moyenne de 12 hectares de betteraves pour un rendement de 82 tonnes par hectare à 1 6% », affirme Philippe Duval. « Tous ces facteurs, associés à l’amélioration du marché, permettront à Tereos de renouer avec les bénéfices en France », assure-t-il.

Un pas en Scandinavie ?

Alors qu’il a introduit sa filiale brésilienne Guarani en juillet 2007 à la bourse de Sao Paulo, Tereos pourrait bientôt se tourner vers la Scandinavie en se portant acquéreur de l’activité sucrière du danois Danisco, mise en vente depuis peu. « Danisco est un groupe significatif qui occupe 7 % du marché européen avec un parc industriel de qualité et une durée de campagne de 110 à 120 jours. Nous sommes susceptibles de lui remettre une offre dès que nous aurons le mémorandum de la Deutsche Bank précisant les prévisions du groupe fin mars 2008. De plus, les betteraviers scandinaves se sont montrés intéressés par le rachat de leur entreprise », indique Philippe Duval. Le groupe danois atteint un chiffre d’affaires d’au moins 6,75 milliards de couronnes danoises (906 M EUR) pour sa division Danish Sugar et un résultat d’exploitation Ebit d’environ 600 millions (80 M EUR) lors de son exercice 2007-2008, clôturé au 30 avril. Sans préciser le montant auquel Tereos pourrait valoriser Danisco, Philippe Duval précise que cette acquisition pourrait alors se faire par augmentation de capital de sa holding Berneuil Participations. Cette dernière serait, par la suite, d’ici « 5 à 7 ans » introduite en Bourse pour « permettre aux nouveaux partenaires financiers d’en sortir ».