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Coopérative/Résultats Tereos porté par des rendements exceptionnels et des prix élevés

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Tereos a présenté le 24 janvier un exercice 2011/2012 record, notamment grâce aux rendements exceptionnels de la betterave. Le groupe, qui pose les premiers jalons de son développement en Chine en partenariat avec Wilmar (amidonnerie), ne délaisse pas pour autant l’Europe où il mise sur la Roumanie, à l’instar de ce qu’il a pu réaliser en République tchèque. Si la prolongation des quotas jusqu’en 2020 semble plutôt bien partie, le groupe est très mobilisé sur le dossier de l’éthanol.

Le groupe coopératif Tereos a signé un excellent exercice 2011/2012 (clos le 30 septembre). L’activité a été portée par un rendement record pour la betterave en France (95,5 t / ha) et par une production également record (19,1 M t en Europe), le tout dans un contexte de prix élevés. Pour la première fois, son chiffre d’affaires atteint 5 Mds EUR (+ 14 %). À 904 M EUR, l’Ebidta ajusté bondit de 20 % et le résultat net (après compléments de prix) atteint 313 M EUR (+ 32 %). Dans le même temps, le ratio d’endettement (dette nette/Ebitda ajusté) passe de 2,7 à 2,2.
Alexis Duval, devenu président du comité exécutif (à la suite de son père), fin 2012, a souligné les progrès accomplis par le groupe en termes de compétitivité industrielle et agricole dans le cadre de la dernière réforme sucrière (2005-2007 : réduction de moitié du nombre de sucreries, passage de 15 000 à 12 000 planteurs) ainsi que l’effort de diversification du groupe. Un cadre qu’il souhaite voir préservé jusqu’en 2020. « Il est nécessaire de ne pas modifier les règles du jeu trop souvent. Nous travaillons sur des cycles industriels longs. Quand une usine est fermée, elle ne peut pas rouvrir comme cela », a-t-il déclaré en présentant les résultats du groupe le 24 janvier. À cette occasion, il a également assuré que les pays d’Afrique, notamment, développaient leur activité dans le cadre des quotas actuels et que les industries utilisatrices étaient sorties gagnantes de la réforme sucrière (ceci dit, elles apprécieraient tout à fait que les quotas prennent fin dès 2015). Les échéances pour le marché du sucre devraient se préciser cette année. Les députés européens se sont d’ores et déjà prononcés pour le prolongement des quotas jusqu’en 2020 mais pas au-delà.
Le groupe Tereos est également très mobilisé sur le dossier de l’éthanol dont il souhaite voir le taux d’incorporation être fixé à 7 % (au lieu de 10 % initialement et de 5 % évoqués à Bruxelles). Ce taux permettrait de saturer toutes les usines, selon Yves Belegaud, en charge de la division betterave. À ce sujet, le redéploiement du site de Lillebonne sur l’agroalimentaire (gluten, glucose…) prend un peu plus de temps que prévu.
Tereos, qui s’est diversifié dans le sucre de canne au début des années 2000, croit encore au développement de la betterave en Europe. Le groupe mise ainsi sur la Roumanie, où il a acquis une sucrerie, et où il espère doubler les rendements, comme il l’a fait en République tchèque. « En Roumanie, les quotas sont à peine produits. En incluant la Bulgarie, la Hongrie, et la Grèce, le déficit de sucre atteint 1 M t, explique Yves Belegaud. La betterave peut prendre une place importante, et notre savoir faire nous permettra d’améliorer la qualité du sucre. »
En termes de perspectives, les rendements de l’exercice en cours seront moins bons en betterave. À 84 t/ha en France au 31 décembre (soit 14,5 M t de betteraves), ils restent toutefois dans la moyenne des cinq dernières années. En République tchèque, les rendements restent très bons à 79 t/ha (2,6 M t de betteraves). La campagne de canne à sucre est, elle, en progrès, après une année de recul (- 10 % au Brésil sur la dernière récolte). Le niveau d’investissements devrait rester du même ordre que celui du dernier exercice, où il a atteint 604 M EUR. L’amidonnerie (blé) que Tereos construit en Chine avec Wilmar devrait être opérationnelle en 2014. Alexis Duval estime de six à neuf ans la durée nécessaire au retour sur investissement. Une amidonnerie (maïs) est également en cours de construction au Brésil (des montants importants seront engagés notamment à Connantre, pour atteindre 15 % d’économies d’énergie, l’énergie représentant 30 % des coûts de transformation d’une sucrerie).

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