Le groupe sucrier Tereos, qui renoue avec les bénéfices sur l’exercice 2021-2022, affiche encore « des dettes trop importantes ».
« Tereos conserve son cap sur le retour à une performance solide sur le long terme, avec comme priorités le désendettement et une meilleure rémunération de nos coopérateurs », a déclaré le président du conseil de surveillance du groupe, Gérard Clay, en conférence de presse le 9 juin. Son résultat net atteint 172 M€ (contre -133 M€ en 2020-21), avec un chiffre d’affaires de 5,1 Md€ (+18 %) « soutenu par les prix de l’éthanol, du sucre et les activités amidonnières ». L’Ebitda (équivalent de l’excédent brut d’exploitation) s’élève à 682 M€ (+47 %). Des performances en hausse qui vont de pair avec un recul de l’endettement. Au 31 mars, la dette nette représente près de 2,4 Md€ (contre plus de 2,5 Md€ un an plus tôt). Elle est annoncée en progression l’an prochain, sous l’effet d’une forte hausse des prix des matières premières et de l’énergie. Mais Tereos garde l’objectif de réduire son endettement net en dessous de 2 Md€ à l’horizon 2024. Autre priorité du groupe, la rémunération de la betterave sera « au moins au niveau des concurrents », affirme Gérard Clay.
Revue du portefeuille d’actifs
« Bâtir une culture de la performance » est l’ambition du nouveau président du directoire Ludwig de Mot, nommé en avril. Cela passe par une stratégie orientée sur la marge et non plus le volume. Une revue du portefeuille d’actifs s’est traduite en 2021-2022 par la cession d’activités en Chine, au Mozambique, de la participation dans Copagest (malt), la fermeture prévue d’activités en Roumanie. Fait nouveau, le groupe n’exclut pas une restructuration en France, y compris dans ses sucreries. « Les enjeux pour restaurer la rentabilité et sécuriser l’avenir de la filière sont devant nous », considère Gérard Clay. Le groupe doit notamment composer avec un repli des surfaces betteravières : une enquête auprès des coopérateurs les projette à -10 % sur les cinq prochaines années, après une même évolution depuis 2017. « On a subi des baisses de prix (du sucre, NDLR) importantes depuis plusieurs années, explique Gérard Clay. Des régions moins compétitives souhaitent un peu lever le pied », en raison de tarifs pour la betterave « plus suffisamment rémunérateurs », et de la jaunisse provoquant des chutes de rendement.
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Par ailleurs, le groupe veut adapter sa gouvernance « à la taille du groupe coopératif, à sa complexité, à la bonne conduite des affaires ». Il s’agit de remplacer le conseil de surveillance, comprenant jusque 25 membres, par un conseil d’administration. Composé de neuf coopérateurs et deux personnes indépendantes, sa mission concerne la gestion l’entreprise. Un conseil coopératif, de 15 à 18 membres, doit être chargé de la relation avec les coopérateurs. Le projet est à l’ordre du jour de l’assemblée générale le 29 juin.