Affecté par « un environnement de marché très dégradé », Tereos anticipe un exercice 2015-16 dans la lignée du précédent, au résultat net de 17 M d'euros (contre 176 M un an plus tôt). Le groupe dit bien résister par rapport à ses concurrents. Il affirme maîtriser son endettement et entend participer à la consolidation du secteur, jugée inévitable avec la fin des quotas en 2017.
« L'année sera difficile », a déclaré le 9 juin Alexis Duval, qui préside le directoire du désormais 3e groupe sucrier mondial. Une annonce sans surprise : Tereos souffre d'un « environnement particulièrement dégradé sur l'ensemble des métiers ». Son résultat net a fondu de 176 M d'euros à 17 M sur l'exercice décalé 2014-15, avec l'effondrement des cours mondiaux du sucre. La marge opérationnelle (Ebitda) est passée de 15 % du chiffre d'affaires à 10,5 %.
Les prix mondiaux du sucre sont au plus bas depuis sept ans, les excédents de récolte ayant fait grimper les stocks à leur plus haut niveau depuis une décennie. Ils ont décroché de 7 % sur l'exercice, jusqu'à 12 cents USD par livre. Les prix sont également historiquement faibles dans l'Union européenne. Leur recul est d'environ 200 euros la tonne, à quelque 400 euros/t en fin d'exercice. Les cours de l'éthanol sont eux au plus bas depuis six ans, influencés par le recul du prix du pétrole. Pour couronner le tout, le marché des amylacés en Europe présente une surcapacité de 20 %, d'après Tereos.
La tendance devrait rester « similaire » l'an prochain, selon Alexis Duval, qui prévoit pour Tereos « une deuxième année difficile, plus ou moins au même niveau, avec une nouvelle baisse de l'activité sucrière européenne » qui pourrait toutefois être « compensée par l'activité internationale ». « L'avancement de notre plan de performance et la contribution croissante de nos activités internationales nous permettent d'anticiper un maintien de notre marge opérationnelle (453 M d'euros contre 703 M il y a un an, ndlr) sur le prochain exercice », a-t-il rassuré.
Capacité de résistance
Tereos fait valoir « une meilleure résistance » par rapport aux concurrents : les deux leaders allemands basculeraient dans le rouge. « Le décrochage est plus marqué chez Südzucker et Nordzucker, a expliqué Alexis Duval. Des avertissements sur résultats ont été lancés, leurs prévisions sont négatives pour 2015-16. »
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Tereos a produit 3,9 Mt de sucre (+4,3 %) sur 2014-15, un « record » qui propulse le groupe du cinquième au troisième rang mondial. Les volumes d'alcool et éthanol ont progressé de 16,5 % et les produits amylacés de 10,1 %. Au final, le chiffre d'affaires recule de 8 % (hors effets de changes) à 4,3 milliards d'euros, compte tenu de la baisse des prix et malgré la hausse des volumes. Tereos se félicite du « démarrage réussi » d'importants investissements industriels à l'étranger, notamment des usines d'amidon et de sirop de glucose au Brésil, en Indonésie et en Chine.
Endettement stable
Côté endettement, les ratios s'envolent. Tereos affiche une dette nette sur Ebitda en hausse de 2,8 à 4,5. Ce qui n'émeut guère Alexis Duval. Pour lui, la dette nette est « stable depuis six, sept ans », autour de 2 Mrd d'euros en valeur absolue. « Il faut évaluer les choses dans la durée. Nous sommes où nous pensons qu'il est logique d'être, compte tenu de nos investissements », a déclaré le patron du groupe, rappelant que le ratio d'endettement a été plus élevé dans le passé (jusqu'à 6,1 en 2008-09).
Alexis Duval a par ailleurs expliqué être « toujours intéressé » par un « rapprochement » avec Cristal Union. Le 2e sucrier français a refusé une offre de fusion en février. Dans l'optique de la fin des quotas en 2017, Tereos estime « qu'il y aura consolidation » du secteur sucrier en Europe et entend « participer au processus ».