Le groupe sucrier Tereos affiche de « solides performances » sur 2013-14, en réalisant son troisième meilleur Ebitda (excédent brut d'exploitation) à 691 M d'euros (contre 794 M sur 2012-13), dans un environnement moins porteur en termes de prix. Situation qui le conforte pour la fin des quotas sucriers.
« Cela témoigne des solides atouts de Tereos pour évoluer sur des marchés de plus en plus ouverts et volatils », a commenté le président du directoire Alexis Duval en conférence de presse le 19 juin. Les résultats sont notamment soutenus par une croissance des volumes transformés : +3,3 % en betteraves grâce à une nouvelle sucrerie en Roumanie, +5,9 % pour la canne avec une campagne record au Brésil et +4 % en céréales à la faveur du développement au Brésil (nouvelle amidonnerie de maïs) et en Asie. Mais Tereos est confronté à « un environnement moins porteur ». Le groupe coopératif évoque « les conditions économiques ralenties, particulièrement en Europe du Sud et de l'Est, et des prix du sucre et de l'éthanol en baisse en Europe ». Concernant le sucre, un recul de 15 % est cité pour la moyenne des cotations à New York d'un exercice à l'autre. Les cours de l'éthanol européen s'approchent quant à eux des bas niveaux observés en 2009 et 2010. Conséquence, le chiffre d'affaires tombe à 4,7 Mrd d'euros (-5 %).
Meilleure compétitivité
Tereos pointe le renforcement de sa compétitivité opérationnelle, lié à une bonne fiabilité de ses usines (taux de panne inférieur à 1 % en Europe), des consommations énergétiques en baisse et une amélioration des rendements d'extraction, un bon démarrage des nouveaux investissements. Parmi les dossiers agricoles majeurs, il y a l'allongement de la durée des campagnes. « Une action très bien engagée », a estimé Alexis Duval, en citant l'exemple des 15 jours gagnés par la sucrerie d'Artenay dès 2014. Le groupe se lance dans un plan de développement des surfaces betteravières, avec un objectif national de +20 % en production à l'horizon 2017, qui doit permettre de « saturer les outils ».
Concernant l'activité amidon en Europe, Tereos profite d'un redressement du site de Lillebonne, avec la montée en puissance des productions alimentaires. L'adhésion de la coopérative féculière de Haussimont conforte la dynamique de développement des surfaces.
Développement international
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« Le groupe poursuit sa stratégie d'internationalisation », qui vise des « relais de croissance », a indiqué Alexis Duval. Au Brésil, une nouvelle amidonnerie de maïs a démarré son activité en mai. En Chine, dans le cadre d'un partenariat avec le premier groupe agro-industriel asiatique Wilmar, Tereos a acquis une seconde amidonnerie à Tieling (nord), dont la capacité de transformation atteint 700 000 tonnes de maïs. Une amidonnerie de blé à Dongguan, près de Canton, démarrera sa production à la fin de l'année. Elle dispose d'une capacité de 500 000 t par an. En Indonésie, le groupe coopératif s'implante en 2014 grâce à l'acquisition de 50 % de Redwood, l'unique amidonnerie de maïs du pays, en partenariat avec FKS, leader dans le raffinage du sucre.
Cap sur l'après-quotas
Tereos pense être bien armé pour la fin des quotas sucriers. « On va passer d'une philosophie d'économie administrée à une économie libérale, a jugé Alexis Duval. Le marché européen deviendra même le plus ouvert au monde ». Le dirigeant estime que cette nouvelle donne entraînera une hausse de production dans les pays les plus compétitifs en betterave (France, Pays-Bas, Sud de l'Angleterre, Allemagne, Belgique), mais aussi en Hongrie et en Roumanie, qui transforment le maïs en isoglucose. « L'Europe va devenir excédentaire et retrouvera la liberté d'exportation sur le marché mondial. Il faudra gérer cela dans un marché plus volatil et plus ouvert. »
Une restructuration du secteur est en vue, dont Tereos espère profiter. « La consolidation se fera au bénéfice des groupes dont l'actionnariat s'inscrit dans la durée, qui ont une certaine taille et sont internationaux », a-t-il déclaré. « La réforme européenne ne touche que la moitié de notre activité betteravière, a noté Alexis Duval. L'autre évolue déjà dans des marchés ouverts, donc la marche est plus petite à franchir. »