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Sucre Tereos souhaiterait doubler sa capacité en 5 ans

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Géant européen du sucre, Tereos affiche l’ambition de grossir encore dans les années à venir, dans les Vingt-sept mais également à l’international. Le groupe mise plus que jamais sur la diversification de ses activités, un choix qui lui a permis d’éviter une baisse trop sensible de son chiffre d’affaires sur 2008/2009.

«Doubler notre capacité dans les 5 ans fait partie plus ou moins de nos objectifs », a expliqué Philippe Duval, président du directoire de Tereos, en conférence de presse à Paris, le 10 mars. Le groupe transforme aujourd’hui 900 000 hectares, soit 475 000 tonnes de céréales, 198 000 tonnes de betteraves et 227 000 tonnes de canne à sucre. Et il produit 7,5 Mt d’équivalent sucre, sous forme de sucre mais également d’amidon et d’éthanol. Sur 2009/2010, le groupe sucrier a d’ores et déjà racheté au Brésil l’usine de Vertente, qui vient compléter les sites de raffinage de sa filiale Guarani, tous situés dans la même zone pour une meilleure sécurisation de la production. Et il compte reprendre le groupe réunionnais Quartier Français dont il ne conservera pas les activités liées aux spiritueux. Le montant de la transaction, laquelle n’est pas encore finalisée, devrait être compris entre 200 et 250 millions d’euros. D’autres investissements pourraient suivre à court terme. Dans le cadre de la réforme de l’OCM sucre, « la restructuration des sociétés sucrières n’est peut-être pas terminée au niveau européen, a notamment souligné Philippe Duval. Tereos s’efforcera de participer aux reclassements ».

Le chiffre d’affaires des activités brésiliennes en hausse de 19,5 %
Le groupe mise en tout cas plus que jamais sur la diversification de ses productions. « Les cours sont devenus de plus en plus volatils parce que la Pac ne joue plus son rôle de stabilisateur », a rappelé Philippe Duval. D’où l’intérêt de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Il faut dire que, malgré la volatilité du real, ce sont ses activités brésiliennes qui ont permis à Tereos de limiter à 7,7 % sur 2008/2009 la baisse de son chiffre d’affaires, de 3,3 milliards d’euros au total. A 453,7 millions d’euros, les ventes de sucre et d’alcools brésiliens ont enregistré une progression de 19,5 %, tandis que le chiffre d’affaires sucres et alcools en Europe perdait 5,9 % et celui généré par l’amidon 17,7 %. De fait, l’Ebitda (revenu avant intérêts et impôts) des activités liées à la diversification a été multiplié quasiment par quatre entre 2004/2005 et 2008/2009. Elles représentent désormais 61 % du chiffre d’affaires du groupe et 64 % du résultat opérationnel. « Plus ou moins 20 à 25 % de notre sucre est fourni par la canne, a souligné Philippe Duval. Tereos entend bien récupérer une partie de ce marché. » Ce qui va se traduire notamment par le développement de synergies entre les sites réunionnais, mozambicain et tanzanien du groupe.

Des marges reconstituées en France
Au niveau français, Tereos a reconstitué des marges après trois années de dégradation constante. Le redémarrage des exportations de sucre hors quota a participé à ce regain de dynamisme, en redonnant une « capacité d’arbitrage », a souligné Yves Bélegaud, directeur de Tereos France. Celles-ci ont permis « d’optimiser les débouchés en fonction des marges qu’ils permettent », a-t-il précisé. Tenant compte de l’impact de la crise sur le secteur des alcools et des possibilités d’écoulement à l’export, Tereos n’a par exemple produit que 235 000 m3 d’alcools contre 270 000 en 2007/2008. La reprise du marché du sucre de bouche a également compté. « Nous avons profité du retour du “fait à la maison”, peut-être favorisé par la crise », a remarqué le directeur. Pour 2009/2010, les rendements affichent un record à 94 t/ha, avec une bonne teneur en sucre, de l’ordre de 19,2 %. Et le groupe va profiter de la baisse des coûts de l’énergie. Il a d’ores et déjà annoncé à ses planteurs un complément de prix de 3 euros/t. La campagne 2010/2011 s’annonce quant à elle plutôt bien. « Nous pensons que l’équilibre mondial sera encore difficile à atteindre en sucre », a indiqué Yves Bélegaud. De fait, un déficit de plusieurs millions de tonnes devrait persister. Fort de nouvelles opportunités à l’export, le groupe a proposé à ses associés-coopérateurs de contracter 8 % de betterave à sucre en plus, pour un prix minimum de 20 euros/t. Des contrats qui ont rencontré un franc succès.

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