Après de vagues hésitations, Tereos a finalement présenté en CCE, le 12 novembre dernier, son projet de fermeture de la raffinerie de sucre de canne de Nantes. Le groupe motive cette décision par les conditions plus drastiques du nouveau règlement sucrier dont la suppression des aides au raffinage. Les activités de conditionnement des sucres spéciaux à marque Blonvilliers et La Perruche vont être transférées vers d’autres sites français du groupe, tandis que les 172 salariés de Nantes se verront proposer des solutions de reclassement.
A la fin de l’année 2009, Tereos ne possédera plus aucune raffinerie de sucre roux en France. Le groupe du nord a décidé de fermer son unique et seule raffinerie de sucre de canne, implantée à Nantes, en Loire-Atlantique, fin 2009. Cette décision n’est pas une surprise, Tereos ayant émis l’idée dès le mois de juin dernier (1) de cesser l’activité de ce site ou au contraire d’en augmenter les capacités de production. « Pour que le site soit viable, il fallait en augmenter les capacités de production, mais nous n’avons pas réussi à avoir l’approvisionnement en sucre roux nécessaire. L’accord avec Inovo en Afrique du Sud n’a pas été conclu et le contrat avec l’Ile Maurice nous a échappé au profit du Südzucker et sa raffinerie Saint-Louis à Marseille. Elle est mieux placée géographiquement que Nantes par rapport aux pays déficitaires du sud de l’Europe », explique Philippe Pelzer, directeur de la communication de Tereos. La France est actuellement excédentaire en sucre et doit exporter cette production vers des pays déficitaires du Sud de l’Europe principalement. Le groupe sucrier français justifie également ce choix par le « durcissement » du nouveau règlement sucrier, mettant en avant notamment la suppression de l’aide au raffinage.
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« Solutions alternatives » à trouver
Liés à la nouvelle OCM Sucre, la baisse de la production en Europe et le recul du prix du sucre ont eu des conséquences économiques sur le site nantais, qui a affiché une perte de 10 millions d’euros, sur son exercice 2007-2008, pour un chiffre d’affaires de 157 M EUR. Employant 172 salariés, la raffinerie de Nantes est dotée d’une production de 100 000 tonnes de sucre de canne et conditionne 150 000 tonnes commercialisées sous ses deux marques de « sucres spéciaux » La Perruche et Blonvilliers. Cette dernière activité sera progressivement transférée sur les autres sites français du groupe, qui cessera donc son unique activité de raffinage de sucre roux à destination de sa marque Béghin Say. « Des solutions alternatives dans des zones déficitaires sont actuellement à l’étude », précise Philippe Pelzer. Le groupe Tereos devrait privilégier davantage le sucre de betterave.