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Nutrition Tergiversations sur l’étiquetage nutritionnel

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Bien décidée à généraliser les tableaux nutritionnels sur les emballages alimentaires, la Commission européenne cherche à définir les indicateurs pertinents. Une étude d’impact lui a été remise qui souligne les difficultés et le coût potentiellement élevé de cette nouvelle contrainte pour l’industrie agroalimentaire. Certains de l’utilité de cet outil dans la lutte contre l’obésité, les auteurs de l’étude ne donnent toutefois pas d’éléments précis sur les indicateurs à privilégier et leur impact direct sur les choix des consommateurs.

Quel avenir pour l’étiquetage nutritionnel ? La Commission européenne peine à trouver une solution à cette question malgré la multiplication des initiatives individuelles de plusieurs grands industriels ou distributeurs en la matière, à l’instar de Nestlé ou de Leclerc. Fin 2004, 2005, début ou mi-2006, la proposition de règlement sur le sujet a été maintes fois repoussée. Et l’étude d’impact qui devait servir de base de réflexion aux services de la Commission européenne risque de ne pas précipiter de beaucoup le mouvement. Pourtant, « l’introduction d’un étiquetage nutritionnel sur tous les emballages alimentaires est un élément potentiellement important dans la stratégie globale de lutte contre l’obésité », assure l’étude.

9 000 euros par produit

Faut-il imposer l’étiquetage de quatre, sept ou huit indicateurs, les graisses, les protéines, les calories, les sucres, le sel ou encore les fibres ? Le document remis aux fonctionnaires européens ne tranche pas. Mais dans les quatre pays ayant fait l’objet d’une étude approfondie – l’Espagne, la Grande Bretagne, l’Allemagne et la Pologne – il indique que 56% des produits disposent déjà de ces informations. Ce chiffre grimpe à 75% dans les supermarchés britanniques, leurs MDD étant pratiquement toutes pourvues de ces indications.

Malgré tout, l’étude souligne le coût représenté par l’ajout de cet étiquetage sur les produits pour l’industrie agroalimentaire : entre 2 et 4 000 euros pour les frais directs, d’analyse notamment, selon que les produits sont simples ou plus complexes. La dépense peut s’élever à 9000 euros s’il faut adapter le design de l’emballage.

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Impact sur les prix

Selon les chiffres fournis à l’exécutif européen, 88 % des entreprises estiment que les dépenses pour mettre en place un étiquetage de 7 nutriments ou plus seraient difficiles à absorber. Mais la perception varie beaucoup en fonction de la taille des entreprises. 62% des petites entreprises considèrent que la mise en place d’un étiquetage nutritionnel généralisé aurait un « impact significatif » sur les prix de vente des produits alimentaires. Quoi qu’il en soit, les entreprises demandent des « périodes de transition adéquates » ; trois ans paraissent un minimum aux auteurs de l’étude d’impact.

Et le prix ne règle pas tout. Quelque 17% des produits n’ont pas une surface d’emballage suffisante pour inscrire de nouvelles informations. Il s’agit surtout des chewing-gum, des épices, de la moutarde, des concentrés de tomates ou d’olives.