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Terraterre se pose en intermédiaire du carbone agricole

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Après quatre ans en Asie, Mathieu Toulemonde (voir photo ci-dessous) est revenu il y a un an dans sa région du nord de la France pour reprendre contact avec la ferme familiale et lancer l’entreprise Terraterre, dont il veut faire un intermédiaire incontournable du marché du carbone agricole français. Sa spécialité : trouver des entreprises ou des collectivités locales désireuses de compenser leurs émissions à travers l’agriculture, et les mettre en contact avec des réseaux d’agriculteurs engagés dans des démarches de réduction carbone. Sa promesse : des fermes situées à moins de 100km.

Pour ce faire, Terraterre a commencé par nouer un partenariat clé avec l’association France Carbone Agri, qui au printemps a fait officiellement certifier « Bas carbone » une méthode de réduction des gaz à effets de serre en élevage laitier – une première pour le secteur agricole. Après le lait, les haies et l’arboriculture, la méthode grandes cultures vient d’être validée et la start-up travaille sur  de nouveaux partenariats stratégiques avec les chambres d’agriculture, les coopératives, les négoces ou les associations d’agriculteurs pour les accompagner sur ce nouveau marché en pleine expansion.

L’un des challenges de Terraterre est de convaincre les entreprises de choisir comme activité de compensation l’agriculture, et non la forêt qui représenterait actuellement 95% de la compensation volontaire européenne, réalisée en très grande partie offshore, selon Mathieu Toulemonde. « Planter des arbres est risqué, car il s’agit uniquement de séquestration carbone sur 30 ans avec des risques de destockage très importants à horizon 2050, liés aux maladies, aux incendies et au changement climatique. Avec l’agriculture, nous parlons principalement de réductions effectives au bout de 5 ans. »
La compensation est en revanche plus complexe à expliquer en agriculture, avec une action d’atténuation et non de stockage, et plus de 40 leviers différents. Terraterre veut donc faire œuvre de pédagogie. « Je veux que les entreprises comprennent ce que ça implique pour les agriculteurs », explique Mathieu Toulemonde.

Pour ce faire, il propose aux entreprises un suivi de chaque agriculteur auprès duquel elles ont acheté un service de compensation. Terraterre va jusqu’à demander des photos de terrain, pour constater par exemple la pousse d’une haie. Et pour renforcer encore les liens entre l’entreprise et l’agriculteur, Terraterre accompagne des visites de ferme, la livraison de paniers…

La start-up accompagnera avec différents partenaires agricoles près de 1000 agriculteurs d’ici la fin de l’année, et vise une extension rapide dans les prochains mois en se concentrant sur le territoire français. Terraterre est une entreprise à mission, et souhaite « rester indépendante et alignée sur ses valeurs », assure Mathieu Toulemonde. Dans l’immédiat, elle devrait assurer sa croissance de manière organique, sans recours à des investisseurs extérieurs.

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