Après la viande bovine, sur le point d'être adossée à l'irlandais Dawn Meats, c'est la volaille qui devrait faire l'objet des réflexions attentives de Terrena. En attendant, le groupe coopératif d'Ancenis se félicite du redressement de son pôle produits carnés, qui est revenu à l'équilibre en 2014.
« Nous avons enregistré une forte hausse de nos résultats tirée par le redressement du pôle produits carnés. C'était l'enjeu le plus important pour 2014 », résume Maxime Vandoni, directeur général de Terrena. Avec 24 millions d'euros de perte d'exploitation en 2013 (pour 1,8 milliard d'euros de chiffre d'affaires), il était effectivement urgent de trouver des solutions. Dans la viande bovine, Terrena a fait le choix d'adosser Elivia à l'irlandais Dawn Meats, qui devrait entrer au capital à hauteur de 49 % (70 % à terme), sous réserve de l'autorisation des Autorités de la concurrence. « La demande est à l'export. Ce sont ces marchés qu'il faut aller chercher, ce que nous pourrons faire avec Dawn Meats », explique Maxime Vandoni. Hubert Garaud, président de la coopérative, rassure sur le choix de ce partenaire : « Comme nous, Dawn Meats est dans une logique de création de valeur à partir de la qualité de la viande », souligne-t-il. En attendant, des investissements conséquents (100 millions d'euros sur trois ans) sont engagés pour spécialiser et/ou augmenter les capacités de production de certains sites.
QUELS PROJETS DANS LA VOLAILLE ?
La prochaine étape sera sans doute celle d'un partenariat dans la volaille. « Le secteur bouge en France et en Europe (alliance LDC/Sofiprotéol, nouveau tour de table pour Plukon, ndlr). Il nous faut évoluer rapidement sur ce sujet dans un environnement européen », souligne Maxime Vandoni. Comme pour la viande bovine, Terrena prévoit un plan d'investissement ambitieux, de 80 millions d'euros sur trois ans. Une restructuration est par ailleurs en cours de finalisation, avec la fermeture du site de Luché Pringé (72). À ceux qui verraient Terrena lorgner Père Dodu (Doux), il répond : « Nous avons les Fermiers d'Ancenis, des marques régionales et St Sever avec Fermiers du Sud-Ouest. Nous n'avons pas besoin de marque supplémentaire, sauf à développer la Nouvelle Agriculture sur la volaille ».
LA NOUVELLE AGRICULTURE : DES AMBITIONS FORTES
C'est d'ailleurs l'un des projets de l'année 2015. Après avoir lancé le porc et le lapin « Nouvelle Agriculture » avec Système U et Auchan, Terrena étudie des projets en volaille et viande bovine pour la fin de l'année avec d'autres enseignes. De la farine a également été lancée en début d'année auprès de la boulangerie artisanale régionale. La fusion avec Val Nantais (mai 2014) permettra d'élargir le concept aux légumes, avant peut-être d'impliquer Laïta, dont Terrena est actionnaire minoritaire, dans la démarche. « Notre objectif, c'est de vendre 50 % de nos produits de grande consommation sous la marque “Nouvelle Agriculture”, soit 800 millions à 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires d'ici à dix ans », précise Maxime Vandoni.
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RECONNECTER LE CONSOMMATEUR À LA PRODUCTION
La Nouvelle Agriculture, dans la mouvance de l'agro-écologie, promeut une production plus respectueuse de l'environnement que l'agriculture conventionnelle classique. Le lapin est ainsi garanti sans antibiotique (après sevrage) et le porc devrait l'être aussi à terme. Mais ce n'est pas sur cet argument que se positionne finalement prioritairement la marque. « Le lien entre le consommateur et la production a été rompu par le modèle agricole classique d'achat de commodités, explique Christophe Couroussé, directeur du marketing stratégique et de la communication. Avec la Nouvelle Agriculture, nous ré-humanisons la production. Ce secteur est émergent, d'autant que le numérique va bouleverser l'information sur l'origine du produit. » Les initiatives dans cet esprit sont nombreuses dans la coopération. Terrena assure être prêt à accueillir des candidats qui respecteront son cahier des charges. C'est le cas d'éleveur de la CAM (en cours de rapprochement avec Cap 50, ex-actionnaire d'AIM), qui devrait devenir une section autonome de Terrena en mai, sous réserve du vote des assemblées générales.
DES RÉSULTATS 2014 EN FORTE PROGRESSION
En 2014, Terrena, qui compte 22 000 adhérents et près de 12 800 salariés, a réalisé un chiffre d'affaires de 4,7 milliards d'euros (+ 0,3 %). Son excédent brut d'exploitation, à 119,4 millions d'euros, a bondi de 32,6 %. Le résultat opérationnel a été multiplié par 2,5, à 35 millions d'euros, ce qui permet à la marge opérationnelle d'atteindre 0,7 %, pour un objectif à terme de 1 %. Le résultat net, à 22,1 millions d'euros, progresse de 32,6 % et 3,9 millions d'euros de ristournes seront proposés à l'assemblée générale qui se tiendra en mai. La capacité d'autofinancement, à 111,1 millions d'euros, augmente de 36,2 %.