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Evénement Terrena réuni ses adhérents autour de l’agriculture écologiquement intensive

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Terrena a organisé les 27 et 28 mai un événement consacré à l’agriculture écologiquement intensive, les Terrenales. La coopérative de l’Ouest entend inciter ses adhérents à s’engager dans cette démarche pour réduire leur coûts de production et anticiper les évolutions à venir dans l’agriculture. En termes de fréquentation, Terrena estime que cette première est un succès, reste à savoir si le message passe.

«Nous les chercheurs, nous agitons beaucoup d’idées, mais c’est à vous, agriculteurs, de lancer les changements de pratiques sur le terrain », a rappelé Michel Griffon, directeur général adjoint de l’Agence nationale pour la recherche (ANR) et « inventeur » du concept d’agriculture écologiquement intensive (AEI), à l’occasion de la première édition des Terrenales. Cet événement dédié à l’AEI, organisé par la coopérative Terrena à Saint-Jean de Linières (49) les 27 et 28 mai, a réuni 10 000 agriculteurs selon la coopérative qui compte un peu plus de 25 000 adhérents. Déjà investis dans des démarches de développement durable ou simples curieux souhaitant comprendre ce qui se cache derrière cette AEI, les agriculteurs ont donc répondu présent. Au programme de la manifestation : des démonstrations pratiques et des conférences sur 14 ha autour des questions de réduction de la consommation énergétique et des intrants, de limitation des émissions de gaz à effet de serre ou encore de protection de la biodiversité et de la ressource en eau.

Innovation dans les fermes
400 agriculteurs de la coopératives se sont déjà lancés dans des programmes d’expérimentation – en collaboration avec des techniciens de la coop et des chercheurs – afin d’identifier les méthodes les plus prometteuses. « Quand nous avons lancé cette démarche, nous avions un peu peur des réactions des agriculteurs. Mais nous nous sommes rendu compte que beaucoup étaient déjà engagés dedans à leur échelle », témoigne Hubert Garaud, président de Terrena. C’est cet engagement sur le terrain que cherche à susciter un événement comme les Terrenales. « Chacun doit se demander quels outils il doit introduire dans son système pour devenir écologiquement intensif », précise Hubert Garaud. « Le nouvel Inra c’est vous, a lancé enthousiaste, Bruno Parmentier, économiste et directeur de l’Ecole supérieure d’agriculture d’Angers, devant une assemblée d’agriculteurs. Il va falloir inventer un système de production par exploitation, ou au moins un par bassin versant. Vous allez devenir des apporteurs de solutions plutôt que des apporteurs de problèmes ».

Démonstrations
A quelques mètres du chapiteau où se tiennent ces échanges, une grande tranchée creusée au milieu d’un champ de maïs permet aux visiteurs d’apprécier et de comparer l’impact sur la structure du sol de différents systèmes de culture. L’objectif est de vanter les mérites du couvert végétal en hiver qui permet de décompacter la terre en profondeur pour une meilleure absorption de l’eau et un travail mécanique réduit. « Ces techniques demandent beaucoup de travail d’observation et de formation, mais on passe beaucoup moins de temps sur son tracteur », précise Frédérique Thomas, agriculteur en Sologne qui pratique une « agriculture de conservation des sols » depuis plusieurs années. Plus loin, c’est le prototype de poulailler que les adhérents de Terrena peuvent découvrir. Il marie maîtrise de la consommation d’énergie, sécurité sanitaire bien-être animal et performance économique. Le premier bâtiment de ce type pourrait voir le jour d’ici 2012.

Rentabilité
Si la démarche prend, elle doit permettre un gain de compétitivité pour les exploitants agricoles dans un contexte de tension sur les coûts de production tout en valorisant l’image d’une agriculture durable. « La situation au Québec est assez proche de celle de la France. C’est pour cela que nous nous intéressons à cet événement, a expliqué Denis Richard, président de la Coop fédérée du Québec (1ère coopérative agricole du Québec). Il faut satisfaire les consommateurs et répondre à la crise de rentabilité de l’agriculture ». « Les coopératives ont un devoir de formation sur le terrain », ajoute-t-il. Les agriculteurs sont venus en nombre à ce premier rendez-vous. Reste désormais à transformer l’essai.

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