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Terrena veut toujours plus de différenciation

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Alors que son résultat d’exploitation est à nouveau en positif en 2018, la coopérative agricole Terrena a annoncé son objectif de « massifier » ses productions vers des produits différenciants. La montée en puissance de l’irlandais Dawn Meats dans le capital d’Elivia est toujours en discussion.

« Une année de transition » : c’est ainsi qu’apparaît 2018 à Olivier Chaillou, le nouveau président de Terrena. Le dernier exercice de la coopérative se solde par un chiffre d’affaires de 4,9 milliards d’euros, un an après le désastreux épisode Doux (repris par Terrena en 2015, ndlr) qui avait plombé ses finances. « Le résultat d’exploitation pour 2018 n’a pas été impacté par l’entreprise de transformation de volaille. Il s’élève en effet à 2,7 millions d’euros, contre un résultat négatif de 20 millions en 2017 », se félicite Guillaume Serizai, le nouveau directeur des affaires financières de la coopérative. De son côté, le résultat net, bien que toujours négatif, s’améliore à 14 millions d’euros en 2018 (contre une perte nette de 97 millions d’euros en 2017). Et les dirigeants n’anticipent pas un retour dans le positif pour 2019. Branche par branche, les résultats sont plus contrastés. Guillaume Serizai évoque notamment un bilan mitigé sur les pôles agroalimentaires. « Galliance, le pôle volaille, fait face à un léger déclin par rapport à 2017, malgré une amélioration des performances industrielles. Deux facteurs l’expliquent : d’une part, la pression sur les marges de la grande distribution et, d’autre part, l’impact du coût des matières premières, notamment les filets en provenance du Brésil et de Pologne », précise le directeur des affaires financières. Sur les produits carnés, Terrena affiche des résultats à la hausse, notamment grâce à la restructuration et aux 60 millions d’euros investis dans Elivia.

La différenciation pour remonter la pente

Que ce soit sur les viandes bovines et porcines ou pour Galliance, la coopérative se félicite du développement de ses marques de différenciation. « Nous sommes maintenant à une étape où nous voulons massifier ces productions », a insisté Olivier Chaillou. Les produits La Nouvelle Agriculture au cœur de cette stratégie sont maintenant référencés dans près de 3 000 magasins pour un chiffre d’affaires de 130 millions d’euros. Le segment du bio rentre également dans cette stratégie de la différenciation. En 2018, Bodin, la branche bio de Galliance, a enregistré une hausse d’activité de 20 %. Elle représente 40 % du marché français en volaille bio. Terrena a maintenant pour objectif de réaliser 50 % de son chiffre d’affaires volaille sur des produits La Nouvelle Agriculture, bio et marques nationales, contre 30 % actuellement. Pour soutenir ce développement et répondre à la demande de la RHF sur le segment du PAI, les dirigeants ont annoncé un investissement de 36 millions d’euros dans un nouvel outil d’abattage dans la région d’Ancenis.

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Avenir incertain pour Elivia

Le partenariat initial de 2015 avec Dawn Meats prévoyait que ce dernier porte en 2019 sa participation dans le capital d’Elivia de 49 % à 70 %. Les dirigeants de Terrena indiquent être en discussion avec l’industriel irlandais pour prolonger la date de cette montée en puissance et réfléchissent aussi à une nouvelle manière de travailler ensemble. « Dawn Meats n’a pas encore fait d’offre pour trois raisons, annonce Guillaume Serizai, il y a la problématique du Brexit, ensuite Elivia est en pleine restructuration et enfin les performances économiques ne sont pas au niveau attendu il y a quatre ans. » Les dirigeants ont précisé que Terrena n’avait pas la capacité à rester majoritaire dans sa filiale de viande bovine, mais garde la volonté d’avoir une participation minoritaire.